Plan d'action pour une exploitation durable 

des ressources naturelles des Zones Humides en Casamance

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  • t�l�chargement des rapports du premier atelier
  • t�l�chargement des rapports du deuxi�me atelier
  • restitution du congr�s

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       le programme 2004   info zones humides
    Financement du congr�s :

    nc-iucn

    NC-IUCN
    programme TRP


    Cooperation Francaise

    Coop�ration Fran�aise
    programme Casamance

    esa 2002
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    Travaux de restitution du congr�s sur les zones humides en Casamance


    IDEE Casamance a organis� en f�vrier et mars 2003 un congr�s � Ziguinchor, capitale r�gionale de la r�gion naturelle de Casamance. Le principal but du congr�s est l'�laboration d'un Plan R�gional de Gestion Durable des ressources naturelles des zones humides en Casamance. Le congr�s est reparti en deux colloques bien distincts :

    Les journ�es de concertation ont d�montr� un manque manifeste d'indicateurs empiriques des zones humides sur la base desquels un plan de gestion peut �tre �labor�. Ainsi, une des principales recommandations issues du congr�s est de commencer avec la mise en place d'un r�seau r�gional des zones humides, regroupant les acteurs �tatiques et non-�tatiques. Vu l'urgence et la n�cessit� d'agir, la mise en place imm�diate d'un noyau dur est conseill�e.

    Ce noyau dur, pr�sid� et anim� par IDEE Casamance, doit �tre compos� des �l�ments suivants :
    La composition de chaque noyau change selon les actions et/ou activit�s � entreprendre.


    Dans ce contexte IDEE Casamance propose d'installer deux groupes de concertation et d'entamer les deux actions suivantes dans les plus brefs d�lais :
    1. Une recherche sur l'�tat des lieux des zones humides avec la d�finition d'indicateurs empiriques.

    La composition et l'�valuation dans les derni�res 30 ann�es de l'occupation du sol par les mangroves et les rizi�res de bas-fonds nous donne une indication pr�cise de la d�gradation des zones humides en Casamance. Ce travail est fait sur base d'images satellites. Les donn�es d'occupation du sol des th�mes choisis sont ensuite utilis�es dans l'analyse de possibles relations causales avec les influences climatiques et anthropiques. Les r�sultats sont utilis�s pour la d�finition des axes prioritaires d'intervention et/ou de recherches � venir.
    1. Une recherche sur la n�cessit�, les possibilit�s et les modalit�s d'un repos biologique crevettier.

    Il s'av�re que la biodiversit� halieutique dans les zones marines et c�ti�res est dangereusement menac�e par une exploitation abusive. Bien qu‘il existe des r�glementations d'utilisation d'engins de p�che, la p�cherie artisanale continue avec l'utilisation d'engins prohib�s et des techniques abusives. Puisque les structures de contr�le manquent les moyens et la mentalit� pour r�aliser un suivi strict, beaucoup d�pend d'une autogestion �quitable des artisans m�mes. Pour �viter que des (groupes d')individus se livrent � une d�bauche d'un consensus install�, une sensibilisation de toute la fili�re est indispensable, mais pour cela le temps manque. Il faut agir vite. Un premier pas dans ce sens est l'installation d'une pause de la p�che totale sur certaines esp�ces, qui est facilement contr�lable � l'entr�e des usines ou sites de d�barquements. Vu l'importance �conomique de la p�cherie crevetti�re en Casamance et l'�tat menac� de l'esp�ce, le congr�s a jug� n�cessaire de se focaliser en premier lieu sur la gestion de cette fili�re. Les r�sultats d'intervention pour cette esp�ce serviront d'exemple pour toutes les autres ressources halieutiques c�ti�res.
    Sur la base des exp�riences dans le Sine Saloum une analyse est faite sur la formulation d'un cadre de concertation r�gionale sur l'exploitation durable des ressources halieutiques c�ti�res, unissant tous les acteurs �tatiques et non-�tatiques actifs dans la fili�re de la p�cherie crevetti�re. Sur demande explicite de ce cadre de concertation, impuls� par la n�cessit� (temporaire) manifeste sur le terrain, le Gouverneur �rige un arr�t� qui prohibe la p�che aux crevettes pour un temps et une zone bien d�termin�e. Pr�alablement, le noyau �tudiera la n�cessit� r�elle et les impacts positifs et n�gatifs d'un arr�t temporaire de la p�cherie crevetti�re.

    Apr�s concertation avec nos partenaires, il semble que les premiers pas de ce noyau seront financ�s par NC-IUCN en collaboration avec WAMER, le bureau du WWF � Dakar.


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    Occupation du sol mangrovien


    Les PV  :

    PV    13/01/2004


    PV     12/03/2004


    Pour atteindre l'objectif initial, c'est � dire l'�laboration d'un Plan R�gional de Gestion Durable des zones humides en Casamance , nous proposons la mise en place d'un noyau dit �  noyau occupation du sol mangrovien � (noyau OSM) qui est compos� comme suit :

    Explication des sigles :
    Africare - ONG am�ricaine active en Casamance
    ACRA - ONG italienne active en Casamance
    IREF - Inspection R�gionale des Eaux et Forets
    DEF - Direction des Eaux et Forets � Dakar pour l'Analyse Strat�gique de l'Environnement (ASE)
    ARD - Agence R�gionale de D�veloppement
    DRDR - Direction R�gionale de D�veloppement Rural
    CSE - Centre de Suivi Ecologique � Dakar
    IDEE Casamance - ONG, structure relais et animatrice

    Nous avons demand� au CSE � Dakar de nous donner une analyse de la dynamique d'occupation du sol mangrovien en Casamance. L'�tude se fait sur base d'images satellitaires des ann�es 1970, 1980, 1990 et 2000 et se concentrent autour des th�mes suivants :
    . les plans d'eau
    . les arbres de mangrove (Rhizophora et Avecennia)
    . les �tann�
    . les rizi�res de bas-fonds (rizi�res inond�es par les marr�es)
    Les produits de l'�tude sont des cartes d'occupation du sol au 1/100.000 et 1/200.000 (1972) de la r�gion naturelle de Casamance (Ziguinchor et Kolda), soit environ 25.000 km�. Elles seront r�alis�es, � chaque date, pour chacune des six d�partements que compte la zone : Ziguinchor, Bignona, Oussouye pour la r�gion de Ziguinchor et Kolda, V�lingara, S�dhiou pour la r�gion de Kolda. Les cartes seront r�alis�es � partir de donn�es spatiales, images de satellite LANDSAT, qui vont �tre g�or�f�renc�es : les images vont subir une correction g�om�trique, en se r�f�rant � des points de contr�le fixes facilement rep�rables. Le logiciel CHIPS de traitement des donn�es spatiales va permettre d'extraire les superficies de chaque th�me. D'une p�riode � l'autre, il sera possible de d�terminer l'�volution de chaque classe. Les couches lin�aires et les localit�s seront extraites � partir de la base de donn�es du CSE et compl�t�es par une num�risation � l'�cran. Les diff�rentes couches sont int�gr�es dans les cartes avec le logiciel ARCVIEW, de m�me que la l�gende et l'�chelle. Les cartes finales seront imprim�es et livr�es en trois (3) exemplaires. Un rapport final d�crit le processus de r�alisation des cartes.

    Un m�me appel d'offre est sorti au Netherlands Geomatics & Earth Observation B.V. (NEO B.V.) � Amersfoort, Pays-Bas.

    La planification de la premi�re ann�e

    Les cartes d'occupation du sol en zones humides nous permettent de d�terminer l'�tat des lieux et donnent un aper�u de la dynamique d'occupation du sol pour les th�mes choisis : plans d'eau, v�g�tation mangrovienne, � tanns � et rizi�res de bas-fonds. En prenant plusieurs aper�us �tablis sur les trois derni�res d�cennies, nous pouvons �valuer leur �volution dans le temps.
    1. L'analyse de la dynamique d'occupation du sol dans le temps nous donne les indicateurs empiriques qui sont utilis�s pour les �tudes suivantes :
    1. Les conclusions de ces �tudes fournissent le cadre de r�f�rence pour �laborer un plan d'actions prioritaires qui peuvent �tre une recherche dans un domaine pr�cis ou une intervention d'urgence. La hi�rarchie prioritaire des actions donne la planification des travaux du noyau.
    1. L'�tude est accompagn�e d'une collecte de donn�es bibliographiques et informatiques relatives � l'environnement. La documentation se focalise en premier lieu sur les techniques appropri�es d'une exploitation durable des ressources naturelles. La multiplication et la facilitation de l'acc�s � ces sources informatiques fournissent aux structures �tatiques et non-�tatiques (ONG, OCB, organisations paysannes et villageoises) une base solide pour la formulation de demandes d'actions qui sont transmis au noyau OSM. Ce feed-back populaire permet d'anticiper sur les �ventualit�s de terrain et de r�agir ad�quatement sur les urgences d�voil�es.
    1. Apr�s la formulation de l'�tat des lieux des zones humides et de son �volution, un plan d'action est �labor�. La documentation bibliographique et informatique sert de support technique pour la formulation des interventions.
    Quatre r�unions annuelles du noyau sont pr�vues (novembre, janvier, mars, mai), ce qui donne aux participants le reste de l'ann�e pour recherche, concertation (interne) et travaux de r�seau.

    Les activit�s du noyau � occupation du sol mangrovien � en 2003/2004 :
    l'analyse des images satellitaires et la cartographie est sous-trait�. Un appel d'offre est sorti au CSE � Dakar (S�n�gal), ROSELT T�l�d�tection � Montpellier (France) et NEO B.V. � Amersfoort (Pays-Bas) ;
    la premi�re s�ance en novembre 2003 du noyau OSM est consacr�e � l'interpr�tation et � l'analyse des donn�es cartographiques ;
    la dynamique d'occupation de sol est relativis�e � plusieurs indicateurs comme la pluviom�trie, la d�mographie, les interventions anthropiques et autres � d�terminer. Les relations causales serviront comme points de d�part pour d�terminer les futures actions et recherches ;
    les zones humides sont g�n�ralement consid�r�es comme terres arides et improductives sans valeur commercial et donc utilisable pour des activit�s commerciales � volont�. Pareil attitude n�glige les effets secondaires de ces �cosyst�mes. M�me si la production du sol est faible ou non existant, ces m�mes terres font partie int�grante d'un �cosyst�me qui, � son tour, est une aire de reproduction et de repos pour une importante biodiversit�. En m�me temps ces terres repr�sentent un habitat pour populations et b�tail qui est difficilement valorisant. Dans ce perspectif une analyse de la rentabilit� des investissements (humains ou mat�riels) de sauvegarde ou de revalorisation de cet environnement aide � mieux comprendre ces initiatives ;
    le volet assistance technique aux populations est primordial pour la durabilit� et la r�ussite des interventions propos�es. En �troite collaboration avec les populations les techniques d'exploitation existantes passent en revue et sont adapt�es aux nouvelles conditions environnementales. Le cas �ch�ant des nouvelles techniques sont introduites et des nouveaux produits recherch�s.
    les publications CTA et celles d'Agrodok de Agromisa � Wageningen, Pays-Bas se sont manifest�es comme sources de r�f�rence dans le domaine de techniques agricoles appropri�es. La gestion de l'�cosyst�me ne peut se faire sans l'implication des habitants pour lesquels des techniques d'exploitation �quitables des ressources doivent �tre trouv�es. La biblioth�que avec la documentation Agrodok repr�sente un vade-mecum appropri� dont le contenu peut changer selon les besoins des demandeurs d'assistance technique. Ces manuels existent � c�t� du savoir-faire coutumier et les r�glementations impos�es par les coutumes locales ;
    la biblioth�que est en premier lieu centralis�e � Ziguinchor, chef lieu r�gional, pour faciliter sa conception. Les vulgarisateurs de IDEE Casamance s'efforcent de promouvoir sa disponibilit� aupr�s des populations. D�s qu'elle a atteint un contenu ad�quat et selon les besoins exprim�s, la diffusion est mise en route vers les villages. Une imprimerie de la place s'occupe de la multiplication et les manuels sont vendus � pas prix. Les services �tatiques et ONG doivent puiser dans leurs respectifs budgets pour couvrir les co�ts de revient de la biblioth�que. Les prix varient alors selon le destinataire.
    Un contrat de partenariat est �labor� avec Agrodok et le CTA qui permet une multiplication et une diffusion locale ;
    � part le vade-mecum bibliographique, d'autres sources d'information sont exploit�es. Une analyse qualit�-prix nous m�ne alors � l'Internet. Ce volet sera bin�me : la recherche sur Internet d'information et la documentation de celle-ci. Le deuxi�me �l�ment est la divulgation de ces donn�es sur un site Internet o� sont ajout�s les r�sultats de recherche et les rapports d'activit�s et d'avancement des actions. Par le biais de ce site une banque de donn�es sp�cifique des zones humides en Casamance sera disponible pour tout int�ress� ;
    la premi�re ann�e de rencontres du noyau OSM est utilis�e pour concr�tiser l'�tat des lieux des zones humides en Casamance.

    L'ann�e est cl�tur�e avec l'�laboration d'un plan d'action pour 2004 - 2005.


    Calendrier 2003 - 2004 :

    ao�t – septembre
    travaux CSE
    novembre
    premi�re des conf�rences mensuelles du noyau

    restitution des travaux de CSE
    d�cembre - juin
    conf�rences mensuelles du noyau

    pr�sentation ASE

    �valuation des donn�es pr�sent�es

    d�termination de la valeur commerciale des th�mes

    �tude des relations causales

    �laboration d'un plan d'actions
    ao�t
    planification des activit�s du noyau


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    Repos biologique crevettier

    Les PV :

    PV     19/11/2003

    PV     05/01/2004

    PV     09/03/2004

    PV     27/03/2004

    PV    08/05/2004



    Le noyau dit �  noyau repos biologique crevettier  � est compos� comme suit :

    Explication des sigles :
    Santa Yalla - GIE de femmes transformatrices de produits halieutiques
    GIPAC - Groupement interprofessionnel de la p�che artisanale en Casamance
    SR P�ches - Service R�gional des P�ches
    CERP - Centre d'expansion rurale polyvalent de Niodior en Sine Saloum
    ARD - Agence R�gional de D�veloppement
    IRD - Institut de Recherche pour le D�veloppement � Dakar
    CRODT - Centre de recherche oc�anographique de Dakar-Thiaroye
    Gouvernance/Conseil r�gional
    IDEE Casamance - ONG, structure relais et animatrice

    Les activit�s du noyau � repos biologique crevettier � :

    Le but du noyau RBC est d'organiser les travaux pr�paratoires qui aboutissent � l'installation d'un cadre de concertation des ressources halieutiques c�ti�res dont l'objectif est l'�laboration et l'ex�cution d'un plan de gestion participative des ressources halieutiques c�ti�res. Ce cadre de concertation r�unit tous les acteurs (�tatiques, priv�s et artisanaux) de la p�che c�ti�re. Cette commission paritaire d�finit la r�glementation qui assure une exploitation �quitable des ressources halieutiques. Les relations externes avec les partenaires �conomiques des pays importatrices doivent conscientiser les consommateurs Europ�ens de la provenance �cologique du produit halieutique Ouest-Africain. Ainsi, le rapprochement entre producteur Ouest-Africain et consommateur Europ�en tisse des liens de cœur qui facilite l'augmentation des prix dont les revenus suppl�mentaires sont destin�s aux producteurs qui assurent l'approvisionnement �cologique. Dans cette logique les consommateurs Europ�ens participent avec les producteurs locaux � veiller sur une exploitation durable des ressources halieutiques.

    Les premi�res s�ances de concertation du noyau � repos biologique crevettier � se focalisent sur la pr�sentation et l'�valuation de ces donn�es. A la suite de ces s�ances de concertation un plan d'actions prioritaires est formul� et un calendrier d�finit.


    Note introductif pour les s�ances pr�paratoires sur le th�me :

    bas� sur des articles par Louis Le Reste et Anis Diallo, 1994, 1995 et Cormier-Salem (1992)

    La crevette indig�ne en Casamance est Penaeus notialis dont le volume p�ch� annuellement est entre 700 et 1 600 tonnes selon les informations du CRODT.

    La p�che des crevettes a d�but� en 1960 dans I'estuaire de la Casamance. Elle n'est autoris�e qu'entre Ziguinchor et Goudomp, les crevettes �tant g�n�ralement petites au-del� de ces limites. Jusqu'en 1984, les p�cheurs capturaient uniquement les crevettes en migration vers la mer � l'aide de filets en forme de p�che fix�e de part et d'autre de pirogues ancr�es dans le chenal.

    Selon Marie-Christine Cormier-Salem (1992 :256) les engins de p�che � la crevette comprennent un filet maillant passif, appel� filet filtrant � l'�talage, et des supports flottants. Le filet est tendu sur ces supports, perpendiculairement au courant et les crevettes se prennent dans les mailles, entra�n�es par la d�crue (les crevettes ont pour particularit� de se laisser porter par le courant). P.A. Seck (1980) donne l'exemple d'un filet en Casamance dont la nappe a 11,20 m de longueur �tir�e et 9,20 m de profondeur �tir�e. Les mailles ont 22 mm de cot�. Les supports sont de divers types, pirogues, flotteurs ou piquets.

    En Casamance, le mod�le le plus r�pandu comprend les �l�ments suivants : une pirogue de 5-6 m, solidement amarr�e au fond avec une grande ancre, constitue le dispositif central permanent. En abord de chaque cot� de la pirogue, se trouvent deux b�tons horizontaux ou traverses qui assurent la fixit� de la pirogue et l'ouverture horizontale des filets. Quatre b�tons verticaux appel�s gemu, deux pour chaque filet, assurent le maintien et l'ouverture verticale des filets. A l'extr�mit� des traverses, sont fix�s des flotteurs, f�ts de 200 l ou morceaux de li�ge. Enfin, trois amarres, appel�es filas, compl�tent le dispositif de fixation. Les amarres sont reli�es � un c�ble, attach� lui-m�me � la grande ancre. Une amarre relie l'ancre � la pirogue, les deux autres amarres relient l'ancre � chaque filet.

    Deux variantes � ce dispositif sont relev�es en Casamance : le law fer ou mouillage se caract�rise par l'absence de la pirogue centrale remplac�e par un gros flotteur en li�ge, auquel sont attach�s en permanence les traverses et les flotteurs. Le maniement des filets est rendu plus difficile mais le co�t de cet engin est moins �lev�. Le syst�me sa barigo est caract�ris� par l'absence de flotteurs remplac�s par des piquets fich�s dans les fonds sableux. Ce dispositif ne peut tenir que dans les milieux o� le courant est faible.

    Depuis 1985, ils utilisent �galement des filets maillants qui leur permettent de capturer, dans les zones peu profondes, des crevettes plus petites que celles p�ch�es dans le chenal. Ils p�chent aussi massivement en aval de Ziguinchor.
    Comme chez la plupart des p�n�ides c�tiers, la reproduction a lieu en mer. Au terme d'une phase de vie planctonique, les postlarves p�n�trent dans les estuaires. Les crevettes retournent en mer � une taille variable qui d�pend des conditions environnementales dans l'estuaire. Au Sud du S�n�gal, la reproduction est continue toute l'ann�e mais relativement plus importante entre juillet et janvier (Lhomme, 1981). Dans l'estuaire de la Casamance, en 1978 des recrutements de postlarves ont �t� observ�s toute l'ann�e mais deux maxima ont �t� not�s de janvier � avril et en septembre-octobre (Le Reste, 1982).

    Les captures annuelles sont corr�l�es n�gativement avec la pluviom�trie entre environ 1,5 et 0,9 m. Les captures maximales sont atteintes alors que l'estuaire est sursal�, la salinit� moyenne �tant d'environ 44 ‰ � la limite aval de la zone de p�che et �tant plus �lev�e encore en amont. Ce r�sultat est d� en grande partie � l'�volution des captures num�riques des crevettes de taille commercialisable (longueur totale 8 cm). Quand la pluviom�trie devient inf�rieure � 0,9 m, les captures, tant num�riques que pond�rales, sont susceptibles de s'effondrer. Le poids individuel des crevettes p�ch�es varie de fa�on parabolique en fonction de la pluviom�trie et est maximum lorsqu'elle atteint 1 � 1,2 m, ce qui correspond � une salinit� moyenne d'environ 35‰ � la limite aval de la p�cherie, la salinit� en amont devant �tre du m�me ordre.
    Les bouleversements intervenus dans la p�cherie en 1985 ne sont pas fortuits et correspondent � un effort des p�cheurs pour am�liorer leurs rendements apr�s l'effondrement des captures en 1984. La p�che des crevettes avant qu'elles n'aient atteint la taille de migration n'est pas forc�ment condamnable; il a �t� vu que lorsque la pluviom�trie atteint 0,9 � 1,1 m. l'augmentation des captures num�riques peut compenser, et au-del�, la diminution du poids individuel. I1 n'est pas s�r cependant que, m�me dans ce cas, le gain en tonnage s'accompagne d'un gain en valeur.

    La p�che des crevettes n'est autoris�e qu'entre Ziguinchor et Goudomp pour deux raisons :
    - les crevettes sont souvent plus petites en dehors de ces limites (LHOMME, 1981; LE RESTE, 1987) ;
    - les ancres d�chirant les filets � poisson, le confinement de la p�che crevetti�re entre Ziguinchor et Goudomp permet de r�server de vastes zones � la p�che du poisson, essentielle pour l'alimentation de la population.
    A partir de la fin des ann�es soixante, le d�ficit pluviom�trique observ� dans toute la zone sah�lienne a eu pour cons�quence une augmentation de la salinit� dans l'estuaire, b�n�fique pour la p�cherie de crevettes : les captures et la taille des crevettes p�ch�es ont augment� (LE RESTE, 1984, 1992).
    Cependant, en 1984, cons�cutivement � deux ann�es particuli�rement d�ficitaires en pluie, la sursalure a eu des cons�quences n�gatives ; la production de crevettes, qui pouvait atteindre 1500-1600 tonnes certaines ann�es, est tomb�e � moins de 800 tonnes. En outre, la chute des captures s'est accompagn�e d'une diminution de la taille des crevettes p�ch�es et donc de la valeur au kilogramme (LE RESTE, 1992).
    Certains p�cheurs ont r�agi � cette d�gradation de la situation en adoptant des filets d�rivants mesurant 100 m de long et plus qui leur permettent d'obtenir des rendements nettement sup�rieurs � ceux des filets fixes. Par ailleurs, l'interdiction de p�cher en aval de Ziguinchor, assez bien respect�e jusqu'en 1984, ne l'est plus du tout.

    Situation dans la zone l�gale

    filets fixes et filets d�rivants

    Le fait que les crevettes p�ch�es avec les filets d�rivants soient plus petites que celles p�ch�es avec les filets fixes est un r�sultat relativement trivial. Les deux filets fonctionnent comme des p�ches et, comme ils ont la m�me maille, la taille des crevettes p�ch�es par chacun d�pend essentiellement de la structure d�mographique des populations qu'ils exploitent. Les filets d�rivants sont utilis�s dans les zones o� le courant n'est, pas tr�s fort, sur les hauts-fonds de part et d'autre du chenal. C'est dans ces zones que sont localis�es pr�f�rentiellement les jeunes crevettes (PARKER, 1970; GALOIS, 1975 ; STAPLES, 1980; LE RESTE, 1982). Les filets fixes, eux, sont mouill�s dans le chenal o� le courant est plus fort et capturent les crevettes plus grandes en migration vers la mer.

    filets fixes avant et apr�s 1985


    La taille moyenne des crevettes en migration variant en fonction des conditions environnementales, nous avons tent� de comparer les r�sultats de 1987 avec ceux qui auraient �t� obtenus avant 1985 dans les m�mes conditions halines. Si on prend comme r�f�rences les r�sultats calcul�s, il semble que la taille des crevettes p�ch�es � Niaguis en 1987 ait �t� � peu pr�s normale. Sauf en juillet, la taille observ�e est toujours tr�s proche de la taille th�orique et elle oscille de part et d'autre de celle-ci. Dans la moiti� amont de la zone de p�che l�gale, en revanche, il semble bien que les crevettes p�ch�es en 1987 par les filets fixes aient �t� anormalement petites ; non seulement les moyennes observ�es sont significativement inf�rieures aux moyennes th�oriques dans onze cas sur douze, mais elles sont aussi significativement inf�rieures � ces moyennes diminu�es de l'�cart type dans huit cas sur douze.

    Par ailleurs, les tailles sont si petites � Tambakoumba et surtout Goudomp que le gradient de taille le long de l'estuaire, en amont de Ziguinchor, est devenu n�gatif vers l'amont. Dans le pass�, ce gradient �tait susceptible de s'inverser pendant une courte p�riode : en fin de saison humide les ann�es tr�s pluvieuses ou en fin de saison s�che les ann�es tr�s d�ficitaires en pluie, quand la dessalure ou la sursalure en amont devenaient extr�mes. Cependant, si on consid�re la situation moyenne sur les deux p�riodes, il n'a jamais �t� observ� de gradient n�gatif vers l'amont (LE RESTE, 1987). En 1966, alors que la salinit� est descendue � 6 s � Ziguinchor en fin de saison humide et a atteint des valeurs forc�ment plus faibles en amont, le gradient de salinit� �tant n�gatif vers l'amont les ann�es pluvieuses, le gradient de taille est rest� positif vers l'amont. En 1984, dans un contexte halin tout � fait oppos�, alors que la salinit� a atteint 69‰ � Goudomp en fin de saison s�che et encore 47‰ en fin de saison humide, le gradient de taille sur les deux p�riodes s'est annul� mais ne s'est pas invers�. Pour la premi�re fois, donc, en 1987, le gradient de taille moyen annuel s'est invers� en amont de Ziguinchor, tr�s nettement m�me puisque la diff�rence de taille entre Ziguinchor et Goudomp est de 3,5 mm (Lc) en moyenne. Cela ne semble pas pouvoir s'expliquer par la situation haline dans l'estuaire, puisque d'apr�s la relation (1) le gradient de taille en 1987 aurait d� �tre positif vers l'amont aux deux saisons s�che et humide. En d�finitive, il semble bien que dans la moiti� amont de la zone de p�che l�gale, les crevettes p�ch�es en 1987 par les filets fixes aient �t� anormalement petites eu �gard � la situation haline.

    On peut alors se demander si la diminution de la taille des crevettes p�ch�es avec les filets fixes en 1987 n'est pas une cons�quence de l'utilisation des filets d�rivants � partir de 1985. Cette hypoth�se est d'autant plus s�duisante que la p�joration croissante des tailles vers l'amont co�ncide avec un emploi relativement plus important des filets d�rivants dans la m�me direction. D'apr�s un recensement r�alis� en octobre 1990 (GAYE com. pers.), on notait 93 filets d�rivants pour 656 filets fixes dans la zone Ziguinchor-Baganga et 79 pour 107 dans la zone Tambakoumba-Goudomp. Toute la zone de p�che �tant bord�e de villages et long�e par une route qui rend facile le mareyage, il est raisonnable de penser que l'effort, de p�che d�ploy�e � chaque niveau ne d�pend que de l'abondance des crevettes. Aussi, plus que la valeur absolue de l'effort de p�che d�velopp� avec chaque engin, il est int�ressant de consid�rer son importance relative. On constate alors que celle des filets d�rivants est cinq fois plus importante dans la zone Tamhakoumba-Goudomp que dans la zone Ziguinchor-Baganga. Cette r�partition est �videmment li�e � la diminution du courant vers l'amont,, ce qui rend les filets fixes moins performants mais facilite au contraire l'emploi des filets d�rivants.

    Il est possible que lors des op�rations de mouillage des filets d�rivants une partie de la population en cours de croissance s'�chappe vers le chenal et soit captur�e par les filets fixes. D�s lors, ceux-ci ne captureraient plus seulement les crevettes en migration vers la mer mais �galement des crevettes n'ayant pas termin� leur croissance dans l'estuaire.
    Il nous parait cependant plus vraisemblable que la diminution de la taille des crevettes p�ch�es par les filets fixes soit essentiellement la cons�quence d'un rajeunissement de la population en place du fait de son exploitation par les filets d�rivants. Il est int�ressant de constater, en effet, que le gradient de taille n�gatif vers l'amont, anormal pour la Casamance �tant donn� les salinit�s pour l'ensemble de l'ann�e, qui est observ� chez la population migrante peut d�j� �tre not� chez la population en place.

    Il est vrai qu'avant 1985, l'augmentation consid�rable de l'effort de p�che sur la population migrante, au fil des ann�es, ne semble pas avoir eu de cons�quence sur la taille des crevettes p�ch�es par les filets fixes (LE RESTE, 1992). Il est probable cependant qu'il en va diff�remment lorsque l'effort de p�che s'exerce sur la population en place. De telles diminutions de la taille ont d�j� �t� signal�es en mer (AILLOIJET et Kor, 1981 ; CJNAR et NAAMIN, 1984). Elles pourraient donc �tre observ�es en estuaire, notamment en Casamance o� les crevettes peuvent rester jusqu'� une assez grande taille. Ce risque est d'autant plus r�el que les techniques de p�che, tout en �tant tr�s efficaces, sont peu on�reuses et peuvent �tre amorties avec de faibles rendements. La raret� d'activit�s alternatives aidant, cela autorise des efforts de p�che - et donc une mortalit� par p�che - tr�s importants.

    Dans le cas d'une mortalit� par p�che tr�s importante dans la population en place, les crevettes qui autrefois pouvaient grandir sur place au-del� de la taille � partir de laquelle elles commen�aient � migrer du fait des conditions environnementales atteindraient maintenant difficilement cette taille, d'o� une diminution de la taille moyenne des crevettes en migration.

    P�che clandestine en aval de Ziguinchor

    Avant 1984, l'interdiction de p�cher en aval de Ziguinchor �tait, assez bien respect�e car les crevettes captur�es en amont avec les filets fixes �taient nettement, plus grosses (LHOMME, 1981 ; LE RESTE,  1982) et de ce fait avaient une valeur marchande nettement sup�rieure. En 1984, du fait de la tr�s forte sursalure de l'estuaire, sursalure qui augmentait vers l'amont, le gradient de taille s'est invers� en fin de saison s�che (LE RESTE et. (:OLLART-ODINETZ, 1987) et, logiquement, beaucoup de p�cheurs utilisant les filets fixes ont alors op�r� en aval de Ziguinchor, dans la zone interdite. En 1987, sur  l'ensemble de l'ann�e, les crevettes captur�es par les fi1ets fixes dans la zone aval ont � peu pr�s la m�me taille que celles qui sont p�ch�es en amont de Ziguinchor. Cependant, cela est probablement une cons�quence de l'utilisation des filets d�rivants en amont et non pas de la sursalure. Si on se r�f�re aux tailles calcul�es avec la relation, on aurait d� en effet observer un gradient positif vers l'amont.

    En se basant sur les observations ant�rieures � 1985, du seul fait des conditions environnementales, la disparition de gradient de taille le long de l'estuaire ne devrait �tre observ�e que pour des pluviom�tries exceptionnellement faibles ou fortes dans le contexte climatique act,uel (LE RESTE, 1987). De plus, quelle que soit la pluviom�trie, il semble que le gradient ne puisse s'inverser que pendant quelques mois de l'ann�e : en fin de saison s�che les ann�es tr�s d�ficitaires en pluie, en fin de saison humide les ann�es tr�s pluvieuses. La r�glementation paraissait donc la plupart du temps logique eu �gard au gradient de taille et �tait de ce fait plus facile � faire respecter. En revanche, avec l'utilisation des filets d�rivants en amont,, il est � craindre que la disparition du gradient positif vers l'amont ne soit permanente.
    L'inad�quation de la r�glementation serait alors chronique. Du seul point de vue de la gestion du stock de crevettes, la situation appara�t encore plus absurde quand on constate que les crevet,tes p�ch�es illicitement avec les filets fixes en aval sont plus grosses que celles p�ch�es en toute l�galit� avec les filets d�rivants en amont.

    Gestion de la p�cherie

    Plusieurs �tudes ont �t� r�alis�es � travers le monde, en mer, pour optimiser les r�sultats (tonnage et valeur) en jouant sur la taille � la premi�re capture (LUCAS et al., 1979; CHANG CHENG, 1984; SLUCZANOWSKI, 1984; SOMERS, 1955; NICHOLS, 1986; CADDY, 1987; COURTNEY el al., 1991; DIE et WATSON, 1992). D'apr�s LUCAS et al., pour Penaeus merguiensis en Australie, cette taille devrait, se situer entre 28,8 et 29,6 mm Lc pour optimiser les captures pond�rales, et entre 30,6 et 32,6 mm Lc pour optimiser la valeur de la production. Pour Penaeus duorarum en Floride, les valeurs seraient respectivement �gales � 100 mm (longueur totale) et 123 mm d'apr�s Nichols, le sanctuaire des Tortugas �tant destin� � prot�ger les crevettes mesurant moins de 103 mm (soit environ 21 mm Lc).

    En Casamance, en amont de Ziguinchor, l'utilisation des fi1ets d�rivants qui, en 1987, capturaient des crevettes mesurant. en moyenne 17,8 mm �t,ait donc probablement moins rationnelle que celle des filets fixes qui ont captur� des crevettes mesurant en moyenne 19,l mm. Encore avons-nous vu que, en l'absence de filets d�rivants, les tailles des crevettes p�ch�es avec les filets fixes � Tambakoumba et surtout Goudomp auraient �t� probablement plus grandes que celles qui ont �t� observ�es.
    L'extension de la p�che au filet fixe vers l'aval est b�n�fique pour la p�cherie artisanale. Il semble en effet qu'apr�s la colonisation de l'estuaire par les post larves, les crevettes grandissent, plus ou moins sur place avant de retourner en mer (LE RESTE et COLLART-ODINETZ, 1987). Les captures de la zone aval, zone qui n'�tait pratiquement pas exploit�e avant 1985, se surajoutent donc � celles de la zone amont. Entre 1986 et 1991, les captures annuelles pour tout l'estuaire ont avoisin� 1600 tonnes dont environ 1400 tonnes pour la zone amont (LE RESTE, 1993). Les conditions environnementales ayant �t� favorables � une forte production, il n'appara�t pas d'une mani�re �vidente que les filets d�rivants aient eu un impact, positif ou n�gatif, sur le niveau des captures. Pendant la m�me p�riode, le poids moyen des crevettes commercialis�es n'a cess� de baisser, passant de 14,6 g en 1986 � 8,8 g en 1991. Cette diminution est �videmment due en premier lieu au fait que les filets d�rivants p�chent des crevettes plus petites que celles captur�es avec les filets fixes, mais probablement aussi � la diminution de taille des crevettes migrantes du fait de l'exploitation intensive de la population en cours de croissance. Dans un premier temps, l'exploitation des crevettes en aval de Ziguinchor a d� contribuer �galement � une diminution de la taille des crevettes commercialis�es, puisque les crevettes p�ch�es en aval �taient traditionnellement plus petites que celles p�ch�es en amont,  mais ce n'�tait d�j� plus le cas, nous l'avons vu, en 1987.

    L'usage des filets d�rivants devrait donc �tre interdit, au b�n�fice des filets fixes. Les captures pond�rales en amont en seraient probablement peu affect�es, mais la taille des crevettes p�ch�es et donc la valeur de la production augmenteraient sensiblement. La suppression des filets d�rivants permettrait d'autre part de r�tablir un gradient de taille positif vers l'amont. Il serait alors plus facile pour l'administration de faire respecter l'interdiction de p�cher les crevettes en aval. Cet aspect est loin d'�tre n�gligeable.
    Les conflits entre les p�cheurs de poissons locaux, Diola, et les p�cheurs de crevettes Toucouleur dans la zone aval peuvent, en effet �tre tr�s vio1ents (CORMIER-SALEM, 1992). Dans l'hypoth�se o� les conflits entre p�cheurs pourraient �tre r�gl�s et l'interdiction de p�cher en aval lev�e, cela permettrait d'am�liorer les r�sultats de la p�riode ant�rieure � 1985, les captures de l'aval s'ajoutant � celles de l'amont. Il faut par ailleurs souligner que, avant, 1985, le � sanctuaire � de la zone aval garantissait un recrutement important en mer et contribuait ainsi au maintien d'un stock de g�niteurs suffisant pour que le recrutement des post larves en estuaire soit, stable dans le temps. Il permettait aussi que les crevettes grandies dans cette zone soient p�ch�es en mer, par les chalutiers, � une plus grande taille, ce qui �tait peut-�tre plus rationnel: il faut cependant, noter qu'une des priorit�s assign�es au secteur de la p�che au S�n�gal est la cr�ation d'emplois et les p�cheries artisanales r�pondent mieux � cette exigence que les p�cheries industrielles. En tout �tat, de cause, la situation actuelle cumule les inconv�nients : production m�diocre en termes de valeur dans la p�cherie artisanale, conflits entre p�cheurs, risques de  surexploitation � l'�chelle du stock, administration bafou�e.

    D'apr�s DOPM ils �taient huit soci�t�s exportatrices de crevettes de Casamance, dont deux � Ziguinchor, en 1983. Aujourd'hui il ne reste qu'une ouverte � Ziguinchor : Ikagel.


    ann�e

    nombre p�cheurs

    pirogues � moteur

    non-motoris�es

    crevettes (tonnes)

    1983

    5.778

    284

    2.035

    1.160,3

    1984

    3.742

    301

    1.349

    522,3

    1986

    6.000

    419

    1.756

    1.536,0

    1988

    6.744

    448

    1.420

    1.676,8

    1989

    7.694

    506

    2.588

    1.733,6

    1992

    8.200

    1.075

    2.700

    951,4

    1993

    6.800

    550

    2.765

    255,2

    1994

    8.200

    712

    1.250

    939,3

    1995

    5.406

    1.328

    550

    887,2

    1996

    5.792

    630

    1.377

    1.066,1

    1997

    5.883

    1.943

    420

    1.193,3

    1998

    7.246

    1.860

    422

    819,0

    1999

    7.216

    2.015

    1.420

    1.037,9

    2000

    7.121

    916

    1.635

    1.797,7

    d'apr�s CRODT


    Les premi�res activit�s du noyau � repos biologique crevettier � :

    Suite � la formulation d'un cahier des charges une �tude succincte sur la fili�re des crevettes en Casamance est r�alis�e par l'IRD, en collaboration avec le CRODT, sur la base de la documentation existante. Si n�cessaire cette documentation est actualis�e. Une attention sp�ciale est donn�e au cycle biologique de la crevette, les techniques et volume de sa p�che et sa transformation.

    Le SR des p�ches, en collaboration avec le GIPAC, donne l'inventaire actuel des acteurs de cette fili�re avec leur mat�riel et infrastructures.

    Le CERP de Niodior livre l'exemple d'un arr�t� gouvernemental sur le gel temporaire de la p�cherie crevetti�re en Sine-Saloum. Si possible, le CERP de Niodior donne un aper�u des cons�quences de pareil arr�t�, plusieurs occasions � l'appui.


    Les premi�res s�ances de concertation du noyau RBC, � repos biologique crevettier � , se focalisent sur la pr�sentation et l'�valuation de ces donn�es. A la suite de ces s�ances de concertation un plan d'actions prioritaires est formul� et un calendrier d�finit.

    Quatre r�unions annuelles du noyau sont pr�vues (novembre, janvier, mars, mai), ce qui donne aux participants le reste de l'ann�e pour recherche, concertation (interne) et travaux de r�seau.

    L'objectif principal est l'installation d'un cadre de concertation halieutique r�gional qui regroupe tous les acteurs de la fili�re halieutique : p�cheurs, groupements transformateurs, usines, mareyeurs, services de tutelle r�gionaux, Conseil R�gional, Gouvernance, conseils ruraux, notables et chefs religieux et villageois. Ce cadre doit d�finir la r�glementation n�cessaire pour une exploitation durable des ressources halieutiques.

    L'installation d'un cadre de concertation halieutique r�gional est une initiative pilote qui doit faire tache d'huile au niveau national et sous-r�gional. Par cons�quent, cette propagation n�cessite l'introduction dans une politique nationale. Dans cette logique, la collaboration est cherch�e avec le programme de gestion de la biodiversit� des zones marines et c�ti�res de la Banque Mondiale et WWF. Des contacts r�guliers seront alors �tablis avec le bureau WAMER � Dakar, repr�sentant r�gional du programme WWF.

    Le calendrier 2003 - 2004 :

    ao�t - octobre
    �tude IRD/CRODT

    inventaire SR p�ches/GIPAC

    collecte des donn�es par CERP Niodior
    novembre
    premi�re des rencontres mensuelles du noyau
    d�cembre - mars
    �valuation des donn�es en pl�ni�re
    avril
    �laboration d'un plan d'actions prioritaires

    formulation d'activit�s et calendrier

     
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    L'objectif principal est l'installation d'un cadre de concertation r�gionale sur l'exploitation durable des ressources halieutiques c�ti�res qui regroupe tous les acteurs de la fili�re halieutique : p�cheurs, groupements transformateurs, usines, mareyeurs, services de tutelle r�gionaux, Conseil R�gional, Gouvernance, conseils ruraux, notables et chefs religieux et villageois. Ce cadre doit d�finir la r�glementation n�cessaire pour une exploitation durable des ressources halieutiques.
    L'installation d'un cadre de concertation r�gionale sur l'exploitation durable des ressources halieutiques c�ti�res est une initiative pilote qui doit faire tache d'huile au niveau national et sous-r�gional. Par cons�quent, cette propagation n�cessite son introduction dans la politique nationale. Dans cette logique, la collaboration est cherch�e avec le programme de gestion de la biodiversit� des zones marines et c�ti�res de la Banque Mondiale et WWF. Des contacts r�guliers seront alors �tablis avec le bureau WAMER � Dakar, repr�sentant r�gional du programme WWF.
    Vu l'importance de la p�cherie crevetti�re en Casamance, la crevette est choisie comme esp�ce pilote. Par contre, le croquis d�velopp� pour cette esp�ce servira d'exemple pour toutes les autres esp�ces halieutiques c�ti�res menac�es.

    Le programme :
    Afin de concr�tiser les premi�res initiatives d'une �laboration d'un plan de gestion participative des ressources halieutiques c�ti�res, la p�cherie crevetti�re en Casamance est le point focal des activit�s initiales du noyau RBC. Les restrictions g�ographique (r�gionale) et de l'esp�ce (crevette) sont port�es � une �chelle sup�rieure d�s que le plan de gestion est ma�tris� dans le contexte d�fini.
    Le but principal du projet est la conservation de la biodiversit� halieutique c�ti�re via une gestion durable et participative de ses ressources.
    Les groupes cibl�s sont les populations et les autres acteurs actives dans la p�che c�ti�re. Il s'agit des populations des onze communaut�s rurales longeant les zones de p�che (Diouloulou, Kafountine, Thionck-Essyl, Mangagoulack, Niamone, Coubalan, Diembering, M'Lomp, Enampore, Niaguis, Ad�ane), les structures inter-professionnelles (GIPAC, Santa Yalla, mareyeurs, transformatrices et p�cheurs), les usines, les unit�s d'exportation et les �lus locaux. La participation des consommateurs Europ�ens doit fournir la base financi�re et doit donner les coud�es franches � l'op�ration.
    Les directives d'une gestion durable et participative des ressources halieutiques c�ti�res se focalisent dans les zones de p�che sur la r�glementation des zones et engins de p�che et sur le pesage continu de la biomasse disponible et les quantit�s de p�che. Dans la phase de la transformation des produits halieutiques les directives donnent le cadre d'un environnement de travail sain et un traitement des d�chets salubre. Les frais de ces mesures sont couverts par le surco�t du produit qui se trouve sur l'assiette du consommateur Europ�en. Un programme d'information doit sensibiliser le consommateur qu'il accepte ce surco�t et qu'il participe ainsi � l'exploitation durable des ressources halieutiques c�ti�res en Afrique de l'Ouest. Un label �cologique du produit lui donne la garantie que ses d�penses suppl�mentaires sont justifi�s.

    Les principales activit�s pr�vues sont :
    -    installation d'un cadre de concertation repr�sentatif (acteurs et administration)
    -    faire l'inventaire g�n�ral (biomasse, engins, pirogues, p�cheurs, d�barquements, transformation, etc.)
    -    faire l'inventaire des techniques d'exploitation actuelles
    -    �laboration d'un plan de gestion
    -    �laboration d'un plan d'activit�s de contr�le et de suivi
    -    �laboration et introduction de techniques appropri�es de p�che, de transformation et de commercialisation
    -    actualisation permanente de la r�glementation et du suivi
    -    sensibilisation, �ducation et information des groupes cibles

    Les objectifs :
    L'objectif global est une exploitation �quitable des ressources halieutiques c�ti�res Ouest-Africaines
    Les objectifs sp�cifiques sont :
    -    la gestion participative de toute la fili�re (de l'oc�an jusqu'� l'assiette) et englobant tous les acteurs
    -    la sensibilisation des consommateurs Europ�ens via un label �cologique
    -    le recentrage des revenus

    Les ressources humaines :
    En tant que structure animatrice, IDEE Casamance s'occupe des activit�s pr�paratoires et coordonne les premi�res r�unions du noyau. L'�quipe pour la mise en œuvre du noyau RBC est compos�e de :
    -    un consultant, membre de IDEE Casamance ou engag� par celle-ci, coordinateur
    -    un(e) secr�taire � temps partiel de 30%
    -    un(e) stagiaire d'une structure de formation professionnelle � temps partiel de 30%
    -    un(e) animateur � temps partiel de 30%
    L'�quipe de base peut �tre renforc� selon les besoins et directives du noyau RBC. Ainsi, une collaboration ponctuelle peut �tre �tablie pour la r�alisation des recherches, d'analyses ou toute autre activit� n�cessaire pour le bon fonctionnement du noyau. Les termes de r�f�rences, les r�mun�rations et le cahier des charges sont mandat�es par le noyau RBC.
    Un des points de mire est l'�ducation d'un cadre local ce qui incite � la collaboration avec des structures de formation professionnelle de la (sous)-r�gion.

    Le cadre de concertation :
    Apr�s les travaux pr�paratoires du noyau RBC le cadre de concertation est rassembl� avec les repr�sentants des structures suivantes :
    -    ARD
    -    Chefs religieux et coutumiers
    -    Communaut�s Rurales
    -    CONGAD
    -    Conseil R�gional
    -    CRODT
    -    DRDR
    -    GIPAC
    -    Gouvernance
    -    Groupements de femmes marchandes
    -    Groupements de mareyeurs
    -    Groupements de p�cheurs
    -    Groupements de transformatrices
    -    IDEE Casamance
    -    IRD
    -    L�gislateurs
    -    R�seau national des Zones Humides
    -    Santa Yalla
    -    Service R�gional des P�ches
    -    Unit�s exportatrices
    -    Usines

    La premi�re r�union du noyau RBC est pr�vue en novembre 2003 � Ziguinchor. Les r�unions du cadre de concertation doivent d�buter en fin 2004.

     
    Note sur la n�cessit� et les atouts d'une collaboration entre les fili�res Ouest-Africaine et Asiatique :

    Nous supposons que les vertus du processus de d�veloppement Asiatique, qui se situent essentiellement � une structuration � la base de la soci�t�, peuvent bien faire b�n�ficier les acteurs Ouest-Africains et les consommateurs Europ�ens. En m�me temps le renforcement d'une coh�sion sociale se transforme  dans une gestion participative des ressources naturelles qui assurent la conservation de la biodiversit� halieutique c�ti�re. Les b�n�fices Asiatiques se traduisent dans l'ouverture des march�s Europ�ens pour les produits haut de gamme.

    Le retard apport� au processus de d�veloppement du continent Africain par rapport � l'Asie est, selon Roel van der Veen dans � Afrika. Van de koude oorlog naar de 21e eeuw �, attribu� aux ph�nom�nes Africains suivants :
    1.    la pr�sence omnipr�sente d'un client�lisme dominant
    2.    le manque d'acc�s au march� mondial
    3.    l'abus perp�tuel dans les d�penses des revenus nationaux
    Le client�lisme provoque une vision statique du monde dont la conception conservatrice freine un d�veloppement �conomique. L'absence d'une classe bourgeoise laisse seulement aux membres du parti au pouvoir, qui par d�finition se sont appropri�s les richesses de l'�tat, une survie �conomique et emp�che la s�paration entre le public et le priv�, n�cessaire pour un d�veloppement �conomique.
    Un transfert Sud-Sud des vertus du processus de d�veloppement Asiatique vers le continent Africain peut aider �  r�former les mouvements populaires jusqu'� aujourd'hui restreint dans leur d�veloppement par ce client�lisme. Dans cette logique, une attention particuli�re est attribu�e � la formation de coop�ratives qui sont caract�ris�es par une bonne g�rance financi�re et une transparence d'activit�s. L'adoption d'un label �cologique pour les consommateurs Europ�ens ouvre ce march� aux produits Africains et Asiatiques haut de gamme et dont les origines sont assur�es.
    La vox populi des acteurs de toute la fili�re de la p�che c�ti�re doit se manifester dans une gestion participative des ressources halieutiques. Vu leur d�veloppement avanc�, les structures participatives Asiatiques serviront de base. Les organisations communautaires de base en Asie ont subi depuis longtemps une attention particuli�re de l'�tat, ainsi que des ONG, en tant que levier indispensable de d�veloppement. Des coop�ratives d'achat, de transformation et de commercialisation sont cr�es pour  l'individu entrepreneurial ce qui �vite un r�le trop important pour les interm�diaires. En Afrique les relations professionnelles se sont concentr�es autour d'un client�lisme primordial dans lequel l'interm�diaire (usine, mareyeur) fournit le mat�riel n�cessaire (glace, essence, filets, pirogue) contre la totalit� de la r�colte des p�cheurs. Cette d�pendance ne peut �tre bris�e que par l'installation de coop�ratives, g�r�es par les p�cheurs eux-m�mes en collaboration avec les acteurs �conomiques.
    Avec le label �cologique en appui les trois conditions n�cessaires et suffisantes mentionn�es ci-dessus pour un d�veloppement durable sont pr�sentes. Ces conditions assurent en m�me temps la conservation de la biodiversit� halieutique c�ti�re dans les deux continents. Une certaine comp�titivit� entre les produits Africains et Asiatiques donnera le garanti aux consommateurs Europ�ens d'une qualit� et d'une diversification des produits sous label �cologique.
    Dans cette logique, le cadre de concertation s'approche d�s son fonctionnement aux activit�s initi�es par le comit� n�erlandais de l'UICN (NC-IUCN), Friends of the Earth International (FOEI) et World Wildlife Fund (WWF) pour la conservation de la biodiversit� dans les zones marines c�ti�res en Afrique de l'Ouest et l'Asie. Le bureau de WAMER � Dakar sera interm�diaire entre les structures.