R�am�nagement des bassins traditionnels rizipiscicoles en Casamance
� IDEE Casamance


INDEX : 
Historique
Contexte de d�veloppement
Les probl�mes � r�soudre
Les participants/b�n�ficiaires et les acteurs principaux
L’intervention
Les objectifs
R�sultats & indicateurs
Les activit�s
Hypoth�ses et risques
Mise en œuvre
La viabilit�
Suivi et �valuation
photo : IRD Guinee

 
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 rapport d'activit�s  les projets

La zone de projet est constitu�e de deux villages pilotes dans la r�gion de Ziguinchor au Sud du S�n�gal. Les villages de S�l�ki et de Kagnout sont entour�s de mangroves et se situent au milieu des zones humides de l’estuaire du fleuve Casamance. Selon le recensement de 1988, S�l�ki et Kagnout comptent respectivement 994 et 1 031 habitants.

carte

La r�gion de Ziguinchor est la plus m�ridionale du pays et correspond � l'emprise de la zone �cog�ographique de la Basse Casamance depuis la r�forme administrative du 1er juillet 1984. Elle est caract�ris�e par l’estuaire du fleuve Casamance et couvre une superficie de 7 339 km�, sa population est �valu�e � 544 000 habitants en l'an 2000, soit une densit� moyenne de 74 hbts/km�. La r�gion se pr�sente comme un long couloir de 360 kilom�tres d’ouest en est et de 100 kilom�tres du nord au sud, limit� � l’ouest par l’oc�an Atlantique, � l’est par le fleuve Gambie, au sud par les fronti�res de Guin�e-Bissau et de Guin�e Conakry et au nord par la Gambie. Le climat est de type Soudano-guin�en : chaud, avec une temp�rature moyenne de 27�, et humide. La Casamance est la r�gion la plus arros�e du S�n�gal, avec une pr�cipitation moyenne � Ziguinchor de 1 399,8 mm pendant l’�poque 1918-2000. D�s le d�but des ann�es soixante-dix, la pluviom�trie annuelle a diminu� d’une fa�on catastrophique. Dans la p�riode 1970-2000 la pluviom�trie est descendue � 1 195 mm, ce qui est 32% plus basse que la pluviom�trie moyenne de 1 522 mm pendant l’�poque 1918-1969. Une autre donn�e importante est que les ann�es avec une pr�cipitation plus haute que 2 000 mm �taient assez fr�quentes avant 1970, tandis qu'apr�s 1970, la pluviom�trie maximale atteignit seulement 1 512 mm, une r�duction de 25%. Parall�lement, la fr�quence des ann�es avec moins de 1 000 mm de pluie a augment�. Ces circonstances donnent moins de possibilit�s � la nature de se recouvrir apr�s une p�riode de s�cheresse extr�me. Actuellement nous pouvons noter une certaine hausse � partir de 1996 avec une moyenne de  1 426 mm.
L’�volution de la population au cours des vingt-cinq derni�res ann�es [recensements de 1976, 1988 et donn�es de 2000] montre une forte progression de la population urbaine. Cette urbanisation acc�l�r�e est li�e � l’�migration des ruraux en corr�lation avec la crise vivri�re et � l’installation des populations du Nord du pays. Il existe un taux important de migration temporaire [entre 1 jour et 6 mois d’absence] d'hommes et de femmes � la recherche d'activit�s r�mun�ratrices qu'ils ne peuvent pas trouver au village.
 
D�partement 
1992 
2000 
Bignona 
209.587 
221.672 
Oussouye 
44.658 
48.801 
Ziguinchor 
237.189 
273.414 
R�gion 
491.434 
543.887 
Source: MEFP : 1992 dans le Plan d'Action Foresti�re de Ziguinchor, 1998 et Statistique D�mographique : lettre # 07958/MEF/DPS
 

La r�gion est � pr�dominance agricole et la culture de riz est la plus pratiqu�e. L’agriculture, l’�levage et la p�che ne repr�sentent que 7,2% des revenus mon�taires dans le monde rural, mais jouent un r�le primordial dans l’autoconsommation. La r�gion compte une faible activit� industrielle. Les principales unit�s industrielles sont implant�es � Ziguinchor : on compte une huilerie, trois unit�s de traitement des crevettes, une usine de bois et un petit domaine industriel pour la promotion de la petite entreprise. Le secteur informel est encore caract�ris� par une multitude de micro-entreprises dispers�es et sous-�quip�es. Surtout pendant les derni�res ann�es, la r�gion conna�t un exode rural explosif, d� � l’opposition croissante entre l’arm�e Nationale et des forces ind�pendantistes du Mouvement des Forces D�mocratiques de la Casamance [MFDC]. Les jeunes, envahissant la ville, ne peuvent trouver de l’emploi et sont destin�s � un ch�mage sans futur. Cela emp�che la ville de Ziguinchor profond�ment de s’�lever au rang de m�tropole d’�quilibre. Un frein sur l'exode rural doit ramener un certain �quilibre.

Index
carte de la production v�g�tale  au S�n�gal en l'an 2000
bio2000
 

Le r�seau hydrographique comprend un vaste estuaire du fleuve Casamance, long de 300 km et ses affluents. On parle d'un estuaire inverse avec des salinit�s qui montent en amont [jusqu'� 160 pour mille]. Ceci est d� au fait que le fleuve Casamance a un r�gime semi-permanant qui dure de juin � mars avec un d�bit � quelque 200 km de l'embouchure de 2,3 m�/s. L'apport en eau douce est trop petit pour le bassin drain� ce qui, en combinaison avec une �vaporation importante, fait augmenter la salinit�. Sa largeur varie de 50 m � Dianah-Malari jusqu'� 8 km � l’embouchure avec un resserrement � Ziguinchor. La profondeur du chenal diminue de 20 m � 1,5 m. Le bassin drain� comprend des grands sous-bassins [Ba�la : 1 645 km�, Bignona : 750 km�, Kamobeul : 700 km�, Guidel : 130 km� et Agnack : 133 km�] avec des volumes en eau tr�s variables: de 60 � 280 millions de m� / an. Le sol est ferrugineux et riche en mati�res organiques. L’agriculture y est tr�s d�velopp�e mais reste tributaire de la pluviom�trie qui est tr�s in�gale dans l’espace et souvent mal r�partie dans le temps [RGPH : 88:6]. Ce milieu permet pourtant une riziculture en zones de mangrove datant de plusieurs si�cles. Diff�rentes formes de p�che  y constituent une activit� importante et g�n�ratrice de revenus non n�gligeables, comme d’ailleurs la cueillette [vin de palme, hu�tres, sel, fruits forestiers, et cetera]. La mangrove est fortement d�grad�e suite aux mutilations faites aux pal�tuviers par les r�colteurs d'hu�tres et � la sursalure aggrav�e elle-m�me par le d�ficit pluviom�trique. Cette d�gradation qui est estim�e � 1.500 ha/an se r�percute n�gativement sur les productions diverses de cet �cosyst�me, notamment de l'aire de d�veloppement et de cueillette des hu�tres, crevettes, poissons, et cetera. Estim�e � 150.000 ha au d�but des ann�es 1980 dont 120.000 ha dans les d�partements de Bignona et de Ziguinchor, la superficie occup�e par la mangrove a �t� r��valu�e en 1993 � 70.000 ha dont 30.000 ha class�s dans le d�partement de Bignona [PAFR/Z : 1998].

Index
Les rizi�res de bas-fonds sont install�es dans une zone de mangrove qui, � part le riz, fournit avec l’estuaire adjoint, les principaux produits n�cessaires � survivre dans ce biotope : poisson, hu�tres, sel, bois. Les rizi�res sont prot�g�es contre les eaux sal�es du bolon [estuaire] par des bassins traditionnels de pisciculture.  Ses bassins sont � leur tour prot�g�s par une digue p�riph�rique d'une vingtaine de centim�tres au-dessus du niveau des plus hautes mar�es. Ces digues sont travers�es par des drains [tronc de palmier �vid�], g�n�ralement �tablis au pied de la digue. Pendant la saison des pluies, les drains sont ferm�s pour retenir l’eau douce et d’emp�cher l’entr�e de l’eau sal�e. Ainsi, le r�le principal des bassins piscicoles est de prot�ger les rizi�res contre la salinit� de l'eau du bolon. En m�me temps, les bassins sont exploit�s. Durant la culture de riz, les drains sont ferm�s et les crevettes et poissons pi�g�s y grandissent jusqu’au fin de l’hivernage quand les bassins sont vid�s. Le reste de l’ann�e, les drains sont maintenus ouverts. Les poissons qui passent sont captur�s avec des nasses plac�es � l’entr�e du drain.
Le d�ficit pluviom�trique et en cons�quence une baisse de la production rizicole ont entra�n� un exode rural et une d�gradation cons�cutive de l'entretien des digues. Un syst�me ancestral d'exploitation des bas-fonds risque ainsi de dispara�tre et de renforcer l'exode rural. L'�cosyst�me des bas-fonds laiss� � l'abandon ne peut plus servir comme tampon de protection entre les zones humides avoisinantes et les terres de plateau ce qui entra�ne une d�gradation g�n�rale de l'environnement.
Le projet envisage d'abord d'inciter les populations de ces zones � r�am�nager les digues de protection par une am�lioration de la plus importante production de rente: la pisciculture. Une meilleure g�rance hydraulique augmente non seulement la production piscicole, mais aussi la production rizicole dans les rizi�res de bas-fonds. Ceci n�cessite d'abord une organisation de la main-d'œuvre et donc social au niveau villageois. La communaut� villageoise doit r�aliser des �tangs piscicoles oblongs de trois m�tres de large et longeant le bolon et les rizi�res en triple rang�e. La terre enlev�e sert de monter les digues qui prot�gent les bas-fonds. La production piscicole est le stimulant pour le travail laborieux.
Nous proposons des interventions pilotes dans deux villages, r�pandus dans la r�gion afin de faciliter � long terme la propagation de ces techniques de pold�risation [confection et entretien des digues, ouvrages hydrauliques et la g�rance des eaux fluviales et des mar�es]. Dans chaque village une bande de quelque quatre cents m�tres de longueur et situ�e entre le bolon et les rizi�res de bas-fonds est am�nag�e en triples bassins oblongs de pisciculture. Ainsi, une surface cultivable pour l'aquaculture de 3.600 m� est cr�e par site. Des tests r�alis�s ces derni�res ann�es par la Mission Chinoise Technique ont donn� des r�coltes de dix tonnes par hectare avec les alevins captur�s dans le milieu naturel et les premiers essais d'aliment. Dans peu de temps, des r�coltes de vingt tonnes par hectare sont pr�vues avec un meilleur aliment et les possibilit�s de reproduction des alevins. Sur le march� les r�coltes d'aujourd'hui repr�sentent une valeur de 3.600 x 250 Francs cfa = 900.000 Francs cfa [1.372 Euro].
Pour l'ex�cution du projet nous demandons une assistance qui nous permet d'assurer la sensibilisation et le suivi des populations, de r�aliser une documentation topographique des sites cibl�s avec l'aide de cartes, photos a�riennes et de techniciens, d'avoir une assistance technique en aquaculture et de donner aux populations les moyens de r�aliser ces travaux. Une documentation exhaustive des donn�es de recherche et des r�sultats d'analyse des interventions doit aboutir � la disponibilit� d'un ouvrage de r�f�rence pour toute la r�gion. En premier lieu le projet se base sur les comp�tences disponibles sur le plan national. Les experts en topographie, en analyse des photos a�riennes, en hydraulique et en aquaculture viennent de Dakar et effectuent p�riodiquement des visites de terrain. En �troite collaboration avec le bureau de IDEE Casamance, ces experts composent une �quipe pluridisciplinaire qui est active durant toute la dur�e du projet. Une exp�rience pareille est unique au S�n�gal et servira comme cadre de r�f�rence pour les autres projets dans le m�me domaine. Les institutions de recherche et de formation nationale peuvent approfondir leurs comp�tences sur le terrain.
1.1.  Contexte de d�veloppement
Le bureau de IDEE Casamance entretient des bonnes relations avec les diff�rents organismes �tatiques et de coop�ration qui veillent sur l’environnement et entament des  interventions pour le d�veloppement �conomique de la r�gion. Des concertations p�riodiques ont lieu au niveau de la Gouvernance.
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1.1.1.  Depuis une dizaine d'ann�es, un projet financ� par USaid construit des barrages anti-sel entre les bolons et les vall�es avec comme but primaire une augmentation de la production du riz dans les bas-fonds. Cette exp�rience a d�montr� qu'une intervention humaine � cette �chelle a des avantages [une augmentation de la superficie rizicole], mais aussi des d�savantages [nuisance de poissons ravageurs dans les rizi�res, disparition des mangroves]. La disparition des mangroves et le manque de main d ‘œuvre � la suite de l’exode rural effacent les avantages de l’augmentation en superficie des rizi�res. Ainsi, nous sommes convaincus que, pour aider les populations � survivre dans cet environnement une exploitation durable des ressources naturelles est indispensable et qu’une adaptation du syst�me ancestral d’exploitation est dans la ligne de mire.
1.1.2.  La marginalit� des zones humides pour l'homme c'est jadis traduit par un manque manifeste de l�gislation. Les eaux et les terres avec leurs ressources naturelles respectives sont exploit�es par les populations habitant cet �cosyst�me. Ces populations ont install� des limitations dans l'exploitation de ces ressources naturelles. Ainsi, la cueillette, la chasse ou la p�che sur certaines esp�ces sont d�fendues dans certaines zones ou pendant certaines p�riodes. Une exploitation plus intensive et abusive, provoqu�e par l'arriv�e d'immigrants et de nouvelles techniques d'exploitation, a eu des r�percussions qui d�passent de loin les fronti�res de l'�cosyst�me m�me. Les zones humides sont des zones de reproduction et de repos avec une importance mondiale. Par cons�quent, la p�che dans les bolons est maintenant li�e � des restrictions bien pr�cises, comme d'ailleurs la coupe de certains arbres. Le gouvernement du S�n�gal est bien conscient de l'importance de ces zones humides. Nombreux sont les rapports et plans d'action r�dig�s, mais pour le moment aucune action n'a pu se r�aliser. C'est une des raisons pour laquelle notre proposition de projet a �t� accueillie avec enthousiasme, de plus que c'est un projet de d�veloppement de base dans lequel les populations sont fortement impliqu�es. Le projet propos� entre dans les directives propos�es dans ces plans d'action.
1.1.3.  Une multitude d’�tudes ont d�montr� la d�gradation alarmante des zones humides. Notamment les zones de mangroves sont atteintes par la s�cheresse, l’acidification des terres et les mutilations des pal�tuviers caus�es par une exploitation de plus en plus intensive. Toutes les sources proposent une adaptation des techniques d’exploitation afin d’arriver � une exploitation durable et �cologique des ressources naturelles par les habitants. Mais souvent l’exp�rience et les moyens manquent pour r�aliser ces buts.
1.2.  Les probl�mes � r�soudre
Depuis des si�cles, la principale culture dans les zones de mangrove est le riz. Les bassins situ�s en aval des rizi�res jouent un double r�le saisonnier : [1] maintenir une r�serve d’eau douce entre le bolon et les rizi�res durant la p�riode de la culture de riz, emp�chant l’intrusion de l’eau saum�tre dans les rizi�res [2] maintenir un niveau d’eau dans les bassins, prot�geant ainsi les fonds des bassins en saison s�che contre l’acidification. En plus de cela, des poissons y sont pi�g�s et les bassins forment ainsi la base d'une aquaculture ancestrale. Un syst�me de tuyauterie [fait de tronc de r�nier �vid�] permet de contr�ler le mouvement de l’eau entre le bolon et les bassins. Les bassins sont s�par�s des rizi�res par un canal de 2 � 4 m de large servant de tampon contre l’intrusion de l’eau sal�e. Les mouvements de l’eau entre les rizi�res et les bassins se font par les tuyaux ou par ouverture et fermeture de la digue, si cela s’av�re n�cessaire. Les produits p�ch�s dans les bassins et canaux [poissons, crabes, crevettes] apportent aux populations, des prot�ines en compl�ment du riz, la nourriture de base.La protection des rizi�res contre une augmentation de la salinit� et l’acidification est optimale, tant que les digues sont bien entretenues et la g�rance d’eau est bien organis�e. Le r�sultat principal d'une bonne g�rance hydraulique est une augmentation de la production des rizi�res de bas-fonds. Depuis les derni�res d�cennies, les r�coltes de ce syst�me de production int�gr�e [rizipisciculture] ont connu un d�clin d� [1*] � la r�duction des pr�cipitations annuelles depuis 1970 et [2*] au manque de main-d’œuvre dans le village. Du fait de la s�cheresse persistante et la d�gradation de la production de riz de mangrove, les paysans ont diversifi� leurs activit�s [cultures de plateau] pour combler les d�ficits vivriers. Par cons�quent, moins de temps est consacr� aux cultures de bas-fonds. Ce manque de temps s’aggrave en saison s�che, du fait de l’exode des jeunes vers les centres urbains � la recherche d’emploi. Les possibilit�s de gagner de l’argent au village sont n�gligeables. L’exploitation des bassins piscicoles n’a qu’une faible valeur commerciale, ce qui ne donne pas assez de motivation pour les familles � maintenir les digues durant la saison s�che [quand il n’y a pas de riziculture]. Par ce manque de bras, les digues se d�t�riorent. Faute de ressources mon�taires au village, la location de main d’œuvre est impossible et tout le syst�me hydraulique tombe en faillite. Maintenant que la pluviom�trie semble se remettre � la normale, une reprise de ce syst�me de production int�gr�e [rizipisciculture] est opportune.
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1.3.  Les participants/b�n�ficiaires et les acteurs principaux
Au plan ethnique, les Diola sont largement majoritaires [61%]. Les autres ethnies les plus repr�sent�es sont les Mandingue et les Poular [9,3% et 8,8% respectivement]. Les villages Diola sont grands [entre 500 et 7 000 habitants] et se caract�risent par une grande autonomie politique, �conomique et religieuse. Ils sont endogames et les relations entre eux, limit�es au minimum, sont souvent hostiles. L’enjeu �tant le b�tail, les prisonniers de guerre [qui sont la plupart du temps troqu�s contre du b�tail] et l’acc�s aux rizi�res [Roche, 1973:33+ ; P�lissier, 1966:673+]. Ce pass� caract�rise, d’une fa�on ou autre, jusqu’aux nos jours les relations entre les villages.
La riziculture domine tout le calendrier agraire. Le riz est uniquement utilis� pour l'autoconsommation. C'est seulement apr�s la r�colte du riz qu'il y a le temps pour des activit�s r�mun�ratrices. Ceci est valable aussi bien pour l'homme que pour la femme. En ce qui concerne les produits halieutiques, la femme d�tient, depuis des si�cles, toute la fili�re de l'exploitation de l'hu�tre et la transformation des poissons, tandis que l'homme Diola s'est lanc� dans la p�che artisanale autour du village. La p�che constitue aujourd’hui l’une des premi�res activit�s �conomiques de la r�gion. La p�che en mer s’est d�velopp�e avec l’arriv�e de p�cheurs venus du Nord : S�r�res Niominka [�les de Saloum], Guet-Ndariens [Saint-Louis] et L�bou [Dakar]. Dans l’estuaire, la p�che s’est d�velopp�e � la fin des ann�es 40 et au d�but des ann�es 50 avec l’arriv�e de p�cheurs Toucouleurs et Walo-walo, venu du fleuve S�n�gal, qui introduisent l’usage des filets d�rivants et de la senne de plage. Leur arriv�e co�ncide avec le d�veloppement de l’industrie de transformation et de commercialisation du poisson fum�. A partir de 1960 l’essor de la p�che crevetti�re, gr�ce � l’installation d’usines de traitement � Ziguinchor, provoque l’arriv�e de nouveaux p�cheurs Toucouleurs et la conversion de nombreux p�cheurs de poissons � la p�che � la crevette [Le Reste, L, et al.:1992]. La pisciculture dans les bassins reste une activit� r�serv�e aux cultivateurs des rizi�res.
Pour le volet genre : comme nous l'avons soulign� plus haut, l'opposition de sexe dans le mode de production Diola n'est pas hi�rarchique mais plut�t compl�mentaire. La division de t�ches laisse une grande autonomie � l'individu. Cette autonomie est r�compens�e par une responsabilit� tr�s sp�cifique dans le budget familial. Ainsi les revenus ou produits d'activit�s individuelles sont partag�s dans les responsabilit�s familiales, tandis que le produit des activit�s compl�mentaires comme le riz est r�parti dans les greniers respectifs et se retrouvent partag�s durant l'ann�e selon des crit�res bien pr�cis. La cueillette de petits poissons et la transformation et la commercialisation des produits halieutiques est le domaine des femmes. Le projet est simplement greff� sur un syst�me d'exploitation existant et apporte des adaptions des techniques d'exploitation existantes sans changer profond�ment l'organisation. Seul atout n�cessaire pour une r�ussite est une coh�sion villageoise plus profonde qu'avant. Ainsi, concernant les activit�s du projet, les hommes labourent la terre et �l�vent les digues tandis que les femmes fournissent les alevins et commercialisent les [produits de] poisons.
1.3.1.  Les villages cibl�s sont Kagnout et S�l�ki. Les rizi�res de bas-fonds de ces villages se trouvent dans une zone de mangrove qui, � part le riz, fournit, avec l’estuaire adjoint, les principaux produits n�cessaires � survivre dans ce milieu rural: poisson, sel, bois. Les rizi�res sont prot�g�es contre les eaux sal�es du bolon [estuaire] par des bassins traditionnels de pisciculture.  Ses bassins sont � leur tour prot�g�s par une digue p�riph�rique, haute d'une vingtaine de centim�tres au-dessus du niveau des plus hautes mar�es. Ces digues sont travers�es par des drains [tronc de palmier �vid�], g�n�ralement �tablis au pied de la digue. Pendant la saison des pluies, les drains sont ferm�s pour retenir l’eau douce et d’emp�cher l’entr�e de l’eau sal�e. Ainsi, le r�le principal des bassins piscicoles est de prot�ger les rizi�res contre la salinit� du bolon. En m�me temps, les bassins sont exploit�s. Durant la culture du riz, les drains sont ferm�s et les crevettes et poissons pi�g�s y grandissent jusqu’au fin de l’hivernage quand les bassins sont vid�s. Le reste de l’ann�e, les drains sont maintenus ouverts. Les poissons qui passent sont captur�s avec des nasses plac�es � l’entr�e du drain.
Normalement on distingue des petits et des grands bassins [Diallo, 1989]. Les petits bassins sont coll�s aux rizi�res tenant la m�me forme que les rizi�res, et sont s�par�s des mangroves et le bolon par un grand bassin. Ces petits basins sont en r�alit� des rizi�res abandonn�es � cause de la s�cheresse et de la salinit�. Quand les pluies sont abondantes, les petits bassins sont de nouveau transform�s en rizi�res. Ainsi, les surfaces cultiv�es varient selon la pluviom�trie. La production de riz est de 1 200 kg/ha/an.
Les principales esp�ces captur�es dans les bolons et les bassins traditionnels peuvent �tre cat�goris�s  dans les groupes tilapia sp. [Tilapia guineensis, Sarotherodon melanotheron] mugil sp. et arius sp. Ce sont des esp�ces euryhalines  qui migrent d�s que possible des eaux sursal�es vers des eaux saum�tres ou m�me douces. Quand la salinit� monte, seulement les tilapias survivent des salinit�s au-dessus de 80 pour mille La production obtenue � la fin de la saison des pluies dans les bassins traditionnels est en moyenne 355 kg ha-1 [r�f�rence du village de Djivente], ce qui est faible. Pendant la saison s�che les drains des bassins, munis de nasses, fonctionnent comme un pi�ge � poisson. En fonction des mar�es l’eau entre ou sort du bassin et les nasses sont plac�es avec l’ouverture face au courant. Les poissons sont petits [au-dessous de 12 cm] et destin�s � l’autoconsommation. Bien que les quantit�s captur�es � chaque mar�e soient tr�s faibles [0.25 - 1.0 kg ] la totalit� pi�g�e durant la saison s�che peut arriver � 50-150 kg par nasse. Les grands bassins ont dans la digue p�riph�rique des tuyaux munis de nasse tous les 80-120 m. Jusqu’aux nos jours, il n’y a pas d’�tudes sur le fonctionnement et les rendements des bassins traditionnels en saison s�che.
1.3.2.  IDEE Casamance entretient des bonnes relations avec les services r�gionaux de la P�che et celui des Eaux et For�ts, structures de tutelle pour l'exploitation de la zone. Une concertation p�riodique s'est install�e durant l'ex�cution du projet d'assistance technique aux femmes productrices d'hu�tres, en cours. Bas� sur ses exp�riences, IDEE Casamance veut composer une �quipe pluridisciplinaire qui regroupe toutes les comp�tences au niveau national. Les interactions entre ces diff�rents acteurs et les populations qui y ins�rent leurs exp�riences ancestrales, doivent fournir le cadre de r�f�rence pour les interventions.
1.3.3.  Le projet veut adapter les techniques de pold�risation et de la g�rance des eaux pluviales aux conditions locales et en utilisant les technologies modernes. Ces nouvelles techniques sont donc bas�es et greff�es sur les techniques ancestrales des populations. L’interaction entre les populations et l’�quipe pluridisciplinaire est supervisionn�e par le bureau de IDEE Casamance dont les enqu�teurs participent au niveau villageois et livrent les donn�es socio-�conomiques.
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2.1.  les objectifs
2.1.1. Objectifs g�n�raux :
- s�curit� alimentaire avec une plus grande s�curit� de la production rizicole et un ajout en prot�ine avec la pisciculture
- un frein � l'exode rural saisonnier par l'acc�s � une culture de rente au niveau villageois
- une meilleure protection des rizi�res de bas-fonds contre l'acidification et la salinisation
- adaptation de la g�rance hydraulique en cons�quence un meilleur �coulement des eaux pluviales avec moindres d�g�ts aux digues, une meilleure ma�trise des eaux dans les rizi�res de bas-fonds et dans les bassins piscicoles
- exploitation durable des bas-fonds, terres entre bolon et plateau, ce qui renforce leur r�le de tampon de protection en cons�quence met un frein sur la d�gradation g�n�rale de l'�cosyst�me
2.1.2. Objectifs sp�cifiques :
- adaptation des techniques de g�rance hydraulique
- introduction de nouvelles techniques de pisciculture
- exp�rience de travail dans une �quipe pluridisciplinaire et actualisation d'expertise pour les cadres locaux
- consolidation de la coh�sion villageoise
2.2.  R�sultats & indicateurs
2.2.1. adaptation des techniques de g�rance hydraulique
Avec les nouvelles techniques de d�tection, l'emplacement des digues de ceinture et des canaux d'�vacuation peut �tre mieux �tudi�. En y ajoutant l'utilisation du mat�riel plus durable pour la tuyauterie le syst�me hydraulique est de beaucoup am�lior� et plus performant.
o inventaire topographique du site [photos a�riennes, analyse des cours d'eau, topographie]
o creusage de canaux perpendiculaires sur le bolon avec �cluses
o installation de la tuyauterie en PVC dans les bassins et les canaux
2.2.2. introduction de nouvelles techniques de pisciculture
Les bassins oblongs en triple rang�es ont la m�me surface cultivable que les �tangs rectangulaires de pisciculture. La largeur de trois m�tres permet un terrassement et une �vacuation des terres plus facile tandis que la terre �vacu�e sert pour �lever les digues de protection. Les bassins sont ensemenc�s avec des alevins de Tilapia guineensis de sexe masculin. Un aliment sur base de son de riz, tourteaux d'arachide et farine de poisson est ajout� � l'aliment naturel des bolons. Dans le proche avenir, les alevins p�ch�s dans l'�cosyst�me sont remplac�s par des alevins venant de bassins de reproduction, ainsi une disponibilit� en alevins est assur�e l'ann�e durant.
o implantation de bassins rectangulaires avec digues de protection entre le bolon et les rizi�res de bas-fonds
o ensemencement des bassins avec des alevins de Tilapia guineensis, mono-sexe
2.2.3. exp�rience de travail et formation des cadres locaux
les retomb�es principales de cette premi�re ann�e teste qui doivent assurer la continuit� et donc la durabilit� des actions propos�es, sont de donner la possibilit� aux cadres locaux l'acc�s aux nouvelles techniques propos�es et les moyens de les adopter.
o concertations et s�ances de travail de l'�quipe pluridisciplinaire
o �change technique dans la sous-r�gion et international
o coop�ration avec des institutions de formation [universit�s, �coles de formation professionnelle, et cetera]
2.2.4. consolidation de la coh�sion villageoise
L'exploitation des rizi�res de bas-fonds, la g�rance hydraulique  et l'entretien des digues est a priori une activit� individuelle [familiale] et non communautaire. Une exploitation durable et performante demande une g�rance hydraulique qui n�cessite la coop�ration de tout participant. Une fracture dans les digues des bassins piscicoles qui prot�gent les rizi�res de bas-fonds met tout en cause. Ainsi les villageois doivent �tre organis�s et les activit�s align�es.
o �tude de terrain sur la propri�t� et l'organisation de l'exploitation des rizi�res de bas-fonds
o sensibilisation des villageois et formation de groupes collectifs de travail
o planning, coordination, rapportage et suivi des actions
2.3.  Les activit�s
� inventaire topographique des deux sites [photos a�riennes, analyse des cours d'eau, topographie, et cetera]
� �tude de terrain sur la propri�t� et l'organisation de l'exploitation des rizi�res de bas-fonds
� sensibilisation des villageois et formation de groupes collectifs de travail
� implantation de bassins rectangulaires avec digues de protection entre le bolon et les rizi�res de bas-fonds. Ces bassins piscicoles ont une largeur de trois m�tres et une profondeur de 1,20 m�tres. Le cubage de terre � enlever pour trois rang�es de bassins et sur 400 m�tres de longueur est donc 1,20 * 3 * 400 * 3 = 4.320 m�. Un total de 6.000 m� par site est pr�vu.
� creusage de canaux perpendiculaires sur le bolon
� installation de la tuyauterie dans les bassins et les canaux
� ensemencement des bassins avec des alevins de Tilapia guineensis, mono-sexe
� adaptation de l’aliment pour la pisciculture
� planification, coordination, rapportage et suivi des actions
� propagation des techniques de pold�risation, de g�rance des eaux pluviales et d’aquaculture
4.1. Apr�s avoir r�alis� des recherches socio-�conomiques, les donn�es sur l’organisation sociale et les techniques actuelles sont rassembl�es avec les propositions d’adaptation de l’�quipe pluridisciplinaire. Avec le travail participatif des enqu�teurs au niveau villageois, ces nouvelles techniques sont propos�es aux populations. A fur et mesure ces techniques sont utilis�es et adapt�es par les populations. Tandis que la recherche pour un aliment appropri� pour l’aquaculture reste en premier lieu scientifique, l’adaptation des nouvelles techniques de pold�risation et de la g�rance des eaux pluviales est faite sur le terrain. Tout le processus est document� pour faciliter la propagation successive des r�sultats.
4.2. Les intrants
Index
moyens humains en € 

�tude d'un topographe [f / h] sur les deux sites 
5.640,24 
analyse/conseil d'un expert [f / h] d'analyse des photos a�riennes 
2.286,59 
appui/conseil d'un expert [f / h] en am�nagement hydraulique 
5.640,24 
appui/conseil d'un expert [f / h] en aquaculture 
11.280,49 
un informaticien [f / h] 
7.682,93 
un coordinateur de projet [f / h] 
21.951,22 
4 enqu�teurs, animateurs [f / h] 
24.146,34 
main d'œuvre villageoise 
9.146,34 
moyens mat�riels en € 

photos a�riennes, cartes, et cetera 
3.658,54 
mat�riel pour terrassement 
5.335,37 
mat�riel de bureau et informatique 
1.753,05 
mat�riel de tuyauterie et de construction pour les �cluses et autres ouvrages 
6.097,56 
moyens et frais de transport 
17.945,12 
�perviers, filets, petit mat�riel d'analyse, aliment, et cetera 
12.195,12 

 
pour les moyens humains 
87.774,39 
pour les moyens mat�riels 
46.984,76 
administration & divers 
38.871,95 
total 
173.631,10 
Index
5.1. des activit�s : � r�am�nagement des bassins traditionnels rizipiscicoles � est un projet pilote dont les r�sultats doivent inciter les autres villageois dans la r�gion d’adopter les nouvelles techniques de pold�risation. L’�quipe pluridisciplinaire est issue des instituts nationaux de formation et l’exp�rience acquise doit �tre int�gr�e dans la formation. Ainsi, des groupes d’�tudiants peuvent collaborer avec les autres demanderesses d’assistance technique et l’innovation peut couvrir toute la r�gion. La dur�e du projet doit permettre aux diff�rents instituts d’int�grer ce volet pratique dans les cours. Des groupements paysans peuvent facilement coordonner ces actions. Puisque les innovations des techniques de pold�risation sont greff�es sur des anciennes techniques et en fait utilisent seulement les vertus des technologies actuelles, on peut consid�rer que les propositions sont ad�quates. Ces nouvelles techniques demandent des investissements en mat�riel pour les ouvrages ce qui peut �tre couvert par les revenus de la pisciculture. Une meilleure coh�sion villageoise doit assurer un bon d�roulement de la continuation des activit�s.
5.2. de l’organisation locale : la dur�e du projet doit permettre au bureau de IDEE Casamance de r�unir les diff�rents groupements paysans avec les instituts de formation. La demande d’innovation des groupements villageois et l’int�gration des techniques dans les cours de formation doivent entra�ner la propagation continue de ces techniques. IDEE Casamance restera en contact avec les villages par ses futurs projets.
5.3. des actions g�n�ratrices de revenus : dans chaque village une bande de quelque quatre cents m�tres de longueur et situ�e entre le bolon et les rizi�res de bas-fonds est am�nag�e en triples bassins oblongs de pisciculture. Ainsi, une surface cultivable pour l'aquaculture de 3.600 m� est cr�e par village pilote. Des tests r�alis�s ces derni�res ann�es par la Mission Chinoise Technique ont donn� des r�coltes de dix tonnes par hectare avec les alevins captur�s dans le milieu naturel et les premiers essais d'aliment. Dans peu de temps, des r�coltes de vingt tonnes par hectare sont pr�vues avec un meilleur aliment et les possibilit�s de reproduction des alevins. Sur le march� les r�coltes d'aujourd'hui repr�sentent une valeur de 3.600 x 250 Francs CFA = 900.000 Francs CFA [1.372 Euro]. Les techniciens Taiwanais pr�voient dans le proche avenir la reproduction des alevins dans des bassins de reproduction et la disponibilit� d’un aliment adapt�. Ainsi, nous attendons des r�coltes beaucoup plus importantes.
5.4. de la formation professionnelle : la collaboration entre les groupements paysans et les instituts de formation doit assurer ce volet.
6.3. Un s�minaire avec tous les participants est organis� quelques mois apr�s l’hivernage quand les plus grands effets des interventions se sont manifest�s. Les villageois, l’�quipe pluridisciplinaire et les membres du bureau de IDEE Casamance participent � ce s�minaire qui se tient en mois d’avril. Le rapport de ce s�minaire est l’�valuation annuelle.
6.3.1.  Les rapports d’activit�s et la comptabilit� sont r�dig�s dans les mois de juin. Toutes les actions et d�penses sont justifi�es durant la concertation annuelle avec le bureau d’Amsterdam qui a lieu autour du 1er juillet.
6.3.2.  Dans les termes de r�f�rences qui d�terminent les relations entre le bureau de Ziguinchor et le bureau d'Amsterdam des visites de terrain sont pr�vus et les modalit�s de la justification p�riodique d�finies. Selon la disponibilit� de ses membres, le bureau d'Amsterdam est libre dans son choix de sa repr�sentation durant les concertations entre les deux bureaux et les visites de terrain.
6.3.3.  Les trois membres de la direction du bureau d'Amsterdam de IDEE Casamance sont responsables pour le bon d�roulement des activit�s du projet soumis. En premier lieu, le tr�sorier M. Arends, Johan Wilhelm a �t� choisi �valuateur. Les �valuations susmentionn�es sont envoy�es � la CE.
6.3.4.  La CE peut directement r�aliser sa propre �valuation
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