RISC + Moringa = Santé
Réalisation d'Infrastructures Sanitaires en Casamance & les vertus du Moringa oleifera amène la Santé
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      photo : Church World Services
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Le projet RISC + Moringa = Santé est la résultante de la conscience naissante des populations de la nécessité d'entamer des actions d'hygiène. La croissance sans précédent des populations agglomérées a de plus en plus démontré l'importance des actions populaires qui mènent à des conditions de vie plus saines dans les quartiers populaires. L'évacuation et le stockage des déchets urbains et l'approvisionnement en eau potable forment des problèmes quotidiens pour les habitants. Ces habitants veulent bien investir dans leur environnement de l'habitat mais souvent manquent les moyens et/ou l'expérience. Ce projet propose alors une assistance aux populations des quartiers populaires pour améliorer leurs conditions de vie. Cet appui consiste de:

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1.  La zone de projet
1.1. Les conditions socio-économiques de la région.

La région de Ziguinchor est la plus méridionale du pays et correspond à l'emprise de la zone écogéographique de la Basse Casamance depuis la réforme administrative du 1 er juillet 1984. Elle est caractérisée par l’estuaire du fleuve Casamance et couvre une superficie de 7 339 km², sa population est évaluée à 544 000 habitants en l'an 2000, soit une densité moyenne de 74 hbts/km². La région se présente comme un long couloir de 360 kilomètres d’ouest en est et de 100 kilomètres du nord au sud, limité à l’ouest par l’océan Atlantique, à l’est par le fleuve Gambie, au sud par les frontières de Guinée-Bissau et de Guinée-Conakry et au nord par la Gambie. Le climat est de type Soudano-guinéen : chaud avec une température moyenne de 27° et humide. La Casamance est la région la plus humide du Sénégal, avec une précipitation moyenne à Ziguinchor de 1 399,8 mm par an pendant l’époque 1918-2000. Dès le début des années soixante-dix, la pluviométrie annuelle a diminué d’une façon catastrophique. Dans la période 1970-2000 la pluviométrie annuelle était 1 195 mm, ce qui est 32% plus basse que la pluviométrie moyenne de 1 522 mm pendant l’époque 1918-1969. Avant 1970, les années avec une précipitation plus haute de 2 000 mm étaient assez fréquentes. Après 1970, la pluviométrie annuelle maximale atteignit seulement 1 512 mm, ce qui signifie une réduction de 25%. Parallèlement, la fréquence des années avec moins de 1 000 mm de pluie a augmenté, donnant moins des possibilités à la nature de se recouvrir après une époque de sécheresse extrême. Actuellement nous pouvons noter une certaine hausse à partir de 1996 avec une moyenne de 1 426 mm. La région est à prédominance agricole. La culture de riz est la plus pratiquée. L’agriculture, l’élevage et la pêche ne représentent que 7,2% des revenus monétaires dans le monde rural, mais jouent un rôle primordial dans l’autoconsommation.

L’évolution de la population au cours des vingt-cinq dernières années [recensements de 1976 et données de 2000] montre une forte progression de la population urbaine. Cette urbanisation accélérée est liée à l’émigration des ruraux en corrélation avec la crise vivrière et aussi à l’installation de populations venues du Nord. Il existe un taux important de migration temporaire [entre 1 jour et 6 mois d’absence]. Elle est de 13% dans le monde rural du Département de Oussouye et de 9% dans le monde rural du Département de Bignona. La région a une migration nette [solde migratoire = immigrants - émigrants] largement négative [de 27 030 personnes]. La région était répulsive pour 78 238 personnes en 1988 [RGPH : 88].
Table: Répartition des populations dans la région de Ziguinchor
Département 
1992 
2000 
Bignona 
209.587 
221.672 
Oussouye 
44.658 
48.801 
Ziguinchor 
237.189 
273.414 
Région 
491.434 
543.887 
Source: MEFP:1992 dans le Plan d'Action Forestière de Ziguinchor, 1998 et Statistiques Démographiques: lettre # 07958/MEF/DPS
  La région compte une faible activité industrielle. Les principales unités industrielles sont implantées à Ziguinchor : on compte une huilerie, trois unités de traitement des crevettes, une usine de bois et un petit domaine industriel pour la promotion de la petite entreprise. Le secteur informel est encore caractérisé par une multitude de micro-entreprises dispersées et sous-équipées.

Surtout pendant les dernières années, la région connaît un exode rural explosif, due à l’opposition croissante entre l’armée Nationale et des forces indépendantistes du Mouvement des Forces Démocratiques de la Casamance [MFDC]. Les jeunes, envahissant la ville, ne peuvent trouver de l’emploi et sont destinés à un chômage sans futur. Cela empêche la ville de Ziguinchor profondément de s’élever au rang de métropole d’équilibre.

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La situation actuelle dans les quartiers populaires:

La région compte quatre communes:

La commune de Bignona compte environ 25.000 habitants sur 3 570 concessions.
La commune de Oussouye compte environ 4 000 habitants sur 570 concessions.
La commune de Thionck Essyl compte environ 7 500 habitants sur 1 070 concessions.
La commune de Ziguinchor compte environ 182.000 habitants sur 26.000 concessions.

Les statistiques de MISC 2000 [Multiple Indicator Cluster Survey/Enquête par Grappe à Indicateurs Multiples] donnent les chiffres suivantes:
 

Tableau 1: Accès aux principales sources d'eau 

Région 
Principales sources d'eau 
Total 
Robinet 
Puits à pompe 
Puits protégé 
Source protégée 
Eau de pluie 
Eau de bouteille 
Puits non protégé 
Source non protégée 
Autres non protégés 
Dakar 
90,8 
0,1 
2,5 
3,1 
0,4 
3,2 
100 
Ziguinchor 
13,8 
0,8 
23 
0,4 
0,7 
58,9 
1,8 
0,7 
100 

Tableau 2 : Moyens de conservation de l’eau potable 
Région 
Où conservez cette boisson 
Total 
Frigidaire congélateur 
Canari traditionnel 
Canari à robinet 
Fut en plastique 
Fut métal 
Bassine seau 
Chambre à air 
Autre 
Dakar 
33,20% 
37,20% 
0,20% 
7,10% 
20,90% 
1,50% 
100,0% 
Ziguinchor 
4,90% 
89,70% 
0,60% 
1,10% 
3,10% 
0,60% 
100,0% 
 
Tableau 3: Pourcentage de population qui a accès a un système sanitaire pour le traitement des excréments selon la zone de résidence 
Région 
Type de toilette 
Total 
Chasse raccordée à l'égout 
Chasse 
avec fosse 
latrines 
à fosse ventilée 
Edicule 
public/ 
latrines 
latrines 
sèches traditionnelles 
Pots de chambre 
Dans 
la nature 
Dakar 
25,5 
27,3 
30,8 
0,6 
6,5 
3,9 
100 
Ziguinchor 
0,6 
8,3 
11,8 
0,1 
64,7 
13 
100 

Tableau 4: Hygiène toilette des enfants 
Région 
Que faites vous avec les selles des enfants de 0 à 3 ans 
Total 
Ils utilisent toujours les toilettes/ latrines 
Selles jetées dans les toilettes/ 
latrines 
Selles jetées en dehors de la cours 
Selles enterrées dans la cours 
Selles non jetées/ restant par terre 
Autres 
Pas de petits enfants dans le ménage 
Dakar 
1,5 
52,2 
3,4 
4,4 
38,6 
100 
Ziguinchor 
43,8 
8,5 
0,3 
0,1 
2,8 
37,6 
100 

Tableau 5: Evacuation des eaux ménagères 
 Région 
Comment les eaux ménagères sont évacuées 
Total 
Caniveau fermé 
Grille ou bouche avaloir 
Puisard 
Canal ou caniveau ciel ouvert 
Trou creuse 
Dans la mer , le fleuve ou la rivière 
Autre 
Réseau d'égouts 
Dans la nature ou la rue 
Accès à un système adéquat 
Dakar 
0,7 
3,8 
3,1 
10,1 
7,8 
3,4 
24,5 
42,07 
27,6 
100 
Ziguinchor 
0,2 
1,3 
5,1 
0,5 
12,8 
0,4 
78,8 
1,7 
100 

 
Tableau 6: Répartition des quotients de mortalité infantile, juvénile et infanto-juvénile selon la zone de résidence [ pour mille ] 
 
Mortalité Infantile 
Mortalité Juvénile 
Mortalité Infanto-juvénile 
Région  Dakar 
54,8 
34,5 
87,4 
Ziguinchor 
68,3 
50,2 
115,0 

 

Généralement trois indicateurs permettent de mesurer la mortalité des enfants : le quotient de mortalité infantile (moins d’un an), le quotient de mortalité juvénile (de 1 à 4 ans) et celui de la mortalité infanto-juvénile (moins de 5 ans).

Ces chiffres montrent que les latrines traditionnels sont de loin majoritaires dans la région. Il est clair que cette forme de dépôt des excréments humains sur place nuit considérablement à l'habitat hygiénique: les trous non couverts attirent des insectes propageant des maladies contagieuses. Lors de fortes pluies les trous débordent ou s'écroulent, sans parler de l'accumulation des excréments sur des lieux d'habitation. Il y a un danger permanent d'épidémies comme le choléra et le typhus sans parler de la menace continue du paludisme. Malgré les équipements sanitaires en ville [un hôpital régional, un centre de santé et quelques dispensaires] la mortalité des enfants reste élevée. Cette situation existe dans toutes les communes de la région.

Avec la forte croissance urbaine et l'augmentation de la pauvreté, l'assainissement devient un défi majeur des gestionnaires de la ville. En effet, dans les zones non planifiées, les matières fécales sont souvent évacuées avec les déchets solides municipaux. Du fait de la faible couverture de la collecte des ordures, ces déchets se retrouvent sur des dépotoirs 'sauvages' et/ou obstruent les caniveaux de drainage des eaux pluviales causant souvent des inondations. Cette situation représente une menace sérieuse pour la santé publique et nécessite une approche globale et une gestion intégrée des ordures, des eaux usées, des excréta et des eaux pluviales [SKAT: 1996:13].

Le point de départ pour une amélioration durable des conditions de vie dans les quartiers périphériques se trouve sur les concessions mêmes. Les populations doivent être le principal acteur dans ce processus. Quand les actions essentielles dépassent les moyens des habitants il est alors nécessaire que les autorités municipales interviennent. Dans cette perspective, le projet RISC + Moringa = Santé propose une solution de stockage des excréta et de traitement des eaux usées sur site [donc sur les concessions] adaptée aux conditions locales. En plus, le projet RISC + Moringa = Santé garantit un accès pour tout le monde à l'eau potable avec une méthode de purification des eaux des puits. Bien évidement que ces propositions ne sont pas idéales, mais elles sont, vu l'environnement de l'habitat, les mieux adaptées.  Par contre, une attention particulière doit être donnée au suivi des implications hygiéniques de ces actions puisque cette technique adaptée entraîne toujours un risque de contamination de l'environnement. Si les actions restent dans les limites bien définies aucun danger n'existe, mais il faut donc surveiller que ces limites ne sont pas dépassées. Ainsi une sensibilisation et une collaboration continue avec les habitants est indispensable.
 
 

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Les problèmes de santé
Le stockage et le traitement des matières fécales humaines sont d'une importance prépondérante pour l'hygiène dans les quartiers. Ainsi un bon stockage et traitement de ces ordures sont les mesures les plus efficaces pour éviter des maladies. Les maladies provoquées par les organismes contenus dans les excréments de personnes infectées peuvent être classées comme suit: Un des autres problèmes majeurs de santé publique est lié à la lutte contre les mouches, car les mouches, et en particulier domestique [musa domestica] peuvent transmettre des germes pathogènes de nombreuses maladies tropicales, telles que la typhoïde, le choléra, la diarrhée, la dysenterie, le trachome, la tuberculose, des vers intestinaux, des protozoaires, et cetera. [SKAT: 1996:21].
Ainsi, un traitement hygiénique des excréments humains aidera beaucoup au contrôle des maladies propagées par des virus pathogènes qui se trouvent dans l'urine et les excréments humains, ou les maladies transmises par des insectes tels les blattes, les mouches et des espèces de moustiques qui se reproduisent dans les excréta et les eaux stagnantes.
L'approvisionnement en eau potable est difficile dans la plupart du temps et contraint les familles soit à s'approvisionner aux puits traditionnels, soit à parcourir de longues distances pour se rendre à la borne fontaine du quartier ou encore à acheter l'eau de vendeurs ambulants, à un prix plus élevé et pour une qualité souvent douteuse.
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Description succincte du projet
La durée
Une partie essentielle du projet, à savoir la construction des infrastructures sanitaires, est confiée à un groupe qui, pour le moment, ne possède ni autorité, ni prestige, ni confiance des futurs maîtres d'ouvrage que sont les chefs de ménage. Il est donc indispensable que le projet donne de l'espace et donc surtout du temps à ce groupe afin de pouvoir se profiler comme groupe d'ouvriers qui mérite la confiance. Une durée de projet de plusieurs années est nécessaire pour arriver à ce niveau de prestige.
Quoique les arbres Moringa oleifera produisent très vite, pour arriver à une certaine expérience dans la transformation et une bonne organisation de l'écoulement de ses produits prend du temps. L'expérience de la transformation des produits à base du Moringa oleifera manque au Sénégal mais surtout l'huile [comestible ou chauffe], savon, papier, fourrage et médicaments traditionnels sont des produits dérivés avec un grand potentiel économique.
Nous proposons alors une durée de projet de trois [3] ans.

Les objectives

On estime que plus de 80% des maladies aux pays en voie de développement est due à une contamination de l'eau, à une insuffisance d'infrastructures sanitaires et à des pratiques d'hygiène dangereuses. Pourtant, les populations ne donnent pas une grande priorité à des conditions de vie plus hygiéniques. Elles ne comprennent pas suffisamment les dangers impliqués et donnent plus de priorité à des besoins comme l'approvisionnement en eau. La propreté est non seulement une préoccupation individuelle mais aussi une affaire publique. Tandis que l'acte de défécation est purement privé et dépend des choix de l'homme, les conséquences positives ou négatives du dépôt des excréments ont des retombés publics. Si par exemple dans une communauté une partie substantielle dispose de latrines tandis que le reste continu de faire ses besoins d'une façon malpropre, le bilan positif des intérêts nets que les latrines doivent avoir sur toute la communauté sera minimale. Il est donc nécessaire que toute la communauté soit impliquée dans les actions de propreté et que l'approche doit aussi bien viser les conditions privées que se rendre compte des aspects sociaux. Un autre problème de la promotion de l'hygiène est que les résultats ne sont pas aussitôt visibles pour tous. Ainsi, une conséquence importante d'une amélioration dans la propreté est une baise significative du taux de fréquentation des postes de santé. Puisque la santé primaire est considérée comme étant l'affaire des communautés de base et non du gouvernement, c'est exactement elle qui en profite le plus sur la longue durée de ces actions populaires.
Les activités quotidiennes de survie prennent une bonne partie du temps des habitants des quartiers et comme nous l'avions déjà mentionné, la propreté ne prend pas la première place dans ces activités. Ceci peut changer si nous pouvions relier les actions de propreté avec des actions qui peuvent immédiatement améliorer leurs conditions de vie. En sorte une activité qui non seulement contribue à une amélioration des circonstances de l'hygiène, mais est aussi une culture de rente. Les multiples vertus de l'arbre Moringa oleifera répondent à ces critères de même que la construction en soi de latrines.
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Les activités
  1. la construction de 3000 fosses Perdues, Améliorées et Ventilées
  2. une assistance aux chefs de ménage pour la construction de puisards
  3. la plantation des arbres Moringa oleifera et l'exploitation des produits du Moringa oleifera
  4. l'utilisation du Moringa oleifera pour la purification de l'eau des puits
  5. sensibilisation des populations par un programme d'éducation ciblé sur les femmes
Fosse PAV: Les fosses PAV sont basées sur les Ventilated Improved Pit Latrines [VIP Latrines]. Cette forme de dépôt sur place [ on site disposal ] d'excréments humains a été élaboré et adapté aux conditions locales depuis 1990 en Casamance. Une fosse de latrines est généralement considérée comme une forme typique d'hygiène rurale: une simple fosse filtrante permettant aux liquides de s'infiltrer dans le sol et réduisant, de ce fait, le volume des matières solides par compostage.
Les latrines construites au Sénégal [appelées communément fosses Perdues Améliorées et Ventilées ou fosse PAV] se composent de trois parties: la construction inférieure, la dalle couvrante et la construction supérieure. La construction inférieure est formée par un puits rond de Ø 1,80 mètre et d'une profondeur de 2 mètres. Les parois du puits sont renforcées avec des briques superposées [les 7 premières rangées] et maçonnées [les 3 rangées du haut]. Ces parpaings pleins de 15x20x40 se composent d'un mélange de ciment/sable et sont confectionnés manuellement avec un moule. Sur ces parpaings on met un collier de parpaings pleins de 10x20x40 et là-dessus on coule une dalle ronde en laissant deux ouvertures: une ouverture pour le tuyau d'aération et un autre trou en forme de goutte pour évacuer les excréments. La construction supérieure consiste en un bâtiment en parpaings creux de 10x20x40 et une couverture conique en ciment.
Le tuyau d'aération tire constamment un courant d'air de la fosse et empêche que des mauvaises odeurs restent dans le bâtiment.
Le bâtiment est nécessaire pour que le trou de défécation reste dans l'obscurité de façon à ce que les insectes qui se sont aventurés dans la fosse la quittent par le tuyau d'aération qui est exposé à la lumière; ensuite la moustiquaire montée sur le tuyau les empêche de ressortir et ils retombent dans la fosse.
Le coût global de cette fosse PAV est de 170.160 francs CFA. [1.702 FF]. L'apport des porteurs/bénéficiaires a une contre-valeur de 33.000 francs CFA [19,4%]. La subvention pour la construction et le suivi s'élève à Cent Quarante-Sept Mille Deux Cents francs, 147.200 francs CFA [voir Annexe].
Le volume effectif de la fosse est de 3,18 m 3 . En principe une concession de 10 personnes peut utiliser une fosse PAV pendant plus de 10 ans [en comptant un résidu solide d'excréments de 0,03 mètres cube par personne par an].

Puisards: Pendant la construction de la fosse PAV un inventaire est fait des conditions de l'hygiène sur la concession. Si nécessaire, le projet propose au chef de ménage de construire un puisard. Puisque les coûts d'un puisard sont très faibles et que toute la construction peut facilement être faite par le ménage, le projet donne seulement des conseils techniques. Par contre, le chef de ménage peut décider de faire construire le puisard par le projet.

Moringa: Le choix pour planter le Moringa oleifera est binôme:
1* une multitude de ses produits peut assurer aux femmes des revenus pendant toute l'année
2* quelques vertus ont des qualités dans le domaine de la propreté et de la santé.
En gagnant de l'argent avec des produits du Moringa oleifera , les femmes sont en même temps confrontées avec les potentialités de certains produits dans le domaine de la propreté. Cela peut encourager les femmes à utiliser ces produits.
L'amélioration des revenus des femmes est partiellement utilisée pour garantir la construction de puisards et autres améliorations des conditions de vie sur la concession. Pour cela un programme de sensibilisation continu est indispensable.
L'arbre Moringa oleifera convient bien aux systèmes de clôture autour des concessions ou champs de maraîchage. Sur une plantation les femmes peuvent récolter les gousses et feuilles en commun et s'organiser pour la transformation et la commercialisation des produits. L'arbre pousse 3 à 4 mètres par an et les premiers fruits peuvent être récoltés dans 6 à 12 mois. Un arbre peut produire entre 400 et 1000 gousses par an. Un hectare de Moringa oleifera donne quelque 3 tonnes de graines [contre par exemple 2 tonnes pour les tournesols et 0,5 tonne pour les arachides] qui tiennent un pourcentage de 40 de leurs poids en huile.
Le Moringa oleifera est un des meilleurs légumes tropicaux dans le contexte nutritionnel. Il a une très haute teneur en vitamines A et C, calcium, fer et protéines, et il contient tous les acides aminés essentiels [voir sur les vertus du Moringa oleifera surtout le travail de Agada et Church World Service au Sénégal].

Quelques exemples de transformation des produits du Moringa oleifera

diagram

Purificateur: La pâte, résidu après l'extraction de l'huile des graines, est un purificateur naturel de l'eau par excellence. Des coagulants naturels sont utilisés pendant des siècles dans beaucoup de pays pour le traitement traditionnel de l'eau. Bien que le Moringa oleifera soit originaire de l'Asie, l'arbre se rencontre partout maintenant dans les tropiques. Ils peuvent rapidement pousser à partir de graines ou pousses dans de conditions très rudimentaires, demandent peu de soins et résistent bien contre la sécheresse. Les graines écrasées de l'arbre forment un replacement idéal pour les coagulants industriels tels que l'aluminium sulfate dans les pays en voie de développement. Une solution de 75 mg/l de graines du Moringa oleifera active pendant sept heures, atteint les mêmes résultats qu'une solution à 50mg/l avec le produit industriel beaucoup plus cher. La turbidité des eaux peut diminuer de 80% dans les deux cas.
Les graines du Moringa oleifera contiennent 40% de l'huile d'une très grande qualité et donc d'une grande valeur. Avec les qualités de purificateur de l'eau du résidu nous avons un produit dont la culture doit forcement être encouragée partout dans les pays en voie de développement.
Les gousses doivent sécher sur l'arbre jusqu'à ce qu'elles soient brunes. Il faut les récolter avant qu'elles s'ouvrent et laissent tomber les graines. Les graines sont conservées dans des sacs bien aérés et dans des endroits secs. Les graines sont tamisées et écrasées avec des techniques traditionnelles qu'on utilise aussi avec la production de la farine de maïs. Pour la purification d'un litre d'eau il faut entre 50 et 150 mg de poudre ajoutée à un peu d'eau claire pour former une pâte. Le dosage est normalement de 1-3% de solution. Les meilleurs résultats sont atteints quand on met la pâte dans un torchon qui est bien remué dans l'eau.
Le contenu en coliformes d'une rivière dans un site de test était de 1600-18.000 par 100ml et après une heure de traitement descendu à 1-200 par 100 ml [Sutherland et all.: 1994; Echo Technical note: 1993].

Education/sensibilisation: Un des objectifs du projet est d'apporter aux femmes une augmentation de leurs revenus. Pour que les femmes puissent profiter au maximum de l'amélioration de leur position économique, elles doivent être conscientes de toutes les possibilités que cela puisse donner. Ainsi elles doivent avoir accès à toute information concernant l'impact de variables démographiques sur le processus de développement en général comme sur le projet en soi. Cruciale dans cette information est d'arriver à la liberté de choix aux femmes concernant la planification familiale. Au début, une éducation sur la santé reproductive sera prioritaire pour que les conséquences de l'augmentation des revenus ne soient pas nivelées par taux un plus haut de natalité. Et plus tard, une éducation élargie, entre autres sur le renforcement des petites unités artisanales de transformation, garantira la durabilité du processus de développement dans les quartiers. Ainsi, l'éducation doit envelopper les domaines suivants :

Puisqu'une bonne transmission de l'éducation est fondamentale pour la durabilité du projet, ceux qui donnent l'éducation au groupe cible doivent avoir une confiance profonde de ce groupe. Deuxièmement ces personnes doivent avoir un niveau assez élevé éducation. Nous avons alors pensé faire passer le transfert d'éducation par des jeunes femmes, une de chaque quartier respectivement. Pour répondre aux conditions de niveau d'éducation et de confiance nous avons choisi les filles mères.
L'idée est que ces filles mères recevront une éducation pédagogique et d'adultes dans les domaines cités en haut. Dans les quartiers elles forment des classes où elles enseignent les femmes. Chaque année, leurs connaissances doivent être mises à jour par des autres séances de formation. De cette manière, elles auront une audience fidèle qui veut bien payer pour l'information et ainsi les enseignantes sont rémunérées.
Le programme de formation est la responsabilité de l'UNESCO par ses programmes de : la caravane de l'alphabétisation ou bien par le Projet d'Appui au Plan d'Action de l'Alphabétisation (PAPA) ou par le Projet d'Alphabétisation Priorité Femmes (PAPF). Le centre à Thionck Essyl, commune ciblée dans le projet, servira comme infrastructure d'accueil. Les candidates de l'atelier sont hébergées au centre pendant toute la séance.
Selon les informations fournies par l'UNESCO l'atelier est budgétisé comme suit pour dix femmes et pour une durée de dix jours: les données sont en francs CFA [100 f CFA = 1 FF].

Les séances périodiques qui suivent sont budgétisées à 250.000 francs CFA et deux séances par année sont prévues.

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Les groupes cibles
On peut distinguer deux groupes dont les vertus du projet font qu'ils s'entraînent réciproquement: toute la population des quartiers ciblés qui profitent directement d'une amélioration des conditions de vie et ceux qui bénéficient des revenus des actions. Le dernier groupe se compose des jeunes qui réalisent les infrastructures sanitaires et des femmes qui se procurent une culture de rente avec les produits du Moringa oleifera . L'augmentation des revenus de ce groupe assure une amélioration constante des conditions de vie du premier groupe.
En premier lieu le projet propose une intervention dans les quatre communes de la région avec la construction de trois mille [3000] latrines: Si on considère que le nombre moyen de personnes par ménage est huit [8], le nombre de personnes du principal groupe bénéficiaire atteint 3000x8=24.000 personnes.
Avec la construction de cent [100] fosses par an, cinq [5] groupes de travail, composé de trois [3] jeunes, peuvent travailler pendant sept [7] mois. Pendant l'hivernage [mois de juin à octobre] les travaux sont arrêtés pour permettre aux jeunes de se lancer dans les travaux agricoles. Cette période coïncide avec les vacances scolaires et donc aussi des navetanes , grands tournois de football organisés entre quartiers en monde urbain et villages en monde rural.
Ainsi, quelque cent cinquante [150] jeunes travailleront chaque année durant sept [7] mois. Ils seront rémunérés par tache, selon le devis des fosses PAV. En moyenne un groupe de travail peut construire trois [3] fosses par mois. Chaque jeune peut ainsi gagner trente-deux mille [32.000] francs CFA par mois [voir le devis en Annexe].
Chaque concession bénéficiaire doit apporter au moins une femme qui participe au projet. Chaque femme travaille pour cinq [5] jours par mois et cela pour au moins la durée du projet, donc sept [7] mois. Ainsi, les femmes d'un bloc de construction de cent [100] fosses PAV peuvent se réunir en groupement pour la transformation des produits du Moringa oleifera ce qui donne à ce groupe un volume de 100*5*7=3500 jours ouvrables. Les recettes sont distribuées dans le groupe selon les jours travaillés. Cette flexibilité permet aux femmes de choisir eux-mêmes le temps qu'elles mettent dans la transformation des produits.
La sensibilisation des habitants est faite par la distribution périodique de calendriers avec des images promouvant des actions de santé. En plus, des réunions de quartier sont organisées, animées par la distribution de casques, t-shirts, posters et banderoles. L'intérêt des populations pour les problèmes de santé doit faire tache d'huile par la mise sur pied de séminaires. Basée sur une sorte de compétition, les quartiers démontrent pendant ces séminaires l'enthousiasme de leurs habitants aux invités des autres quartiers et/ou villages.
Le Service d'Hygiène Régional a un rôle prépondérant dans ce processus de sensibilisation des populations. De plus que ses agents veillent quotidiennement sur un bon respect des règlements de santé et sur la qualité de l'eau des puits. Le Service d'Hygiène Régional sera équipé avec des mobylettes pour faciliter les visites de quartier et avec des modestes laboratoires mobiles pour tester la qualité de l'eau des puits. Un petit stock de matériel pédagogique sur la santé sera aussi mis à son disposition avec lequel ses agents peuvent facilement démontrer aux populations des quartiers la nécessité et les possibilités d'améliorer les conditions de vie dans ces quartiers.
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Le budget
Le budget total pour la durée du projet de trois ans s'élève à 7.388.393 FF dont les habitants apportent 30,45%, soit la somme de 2.250.000 FF.

Ainsi le projet demande un financement annuel comme suit:
 
1-ere année 
2.113.553 FF 
2-ème année 
1.697.130 FF 
3-ème année 
1.697.130 FF 

voir les spécifications du budget dans l'annexe 2

ANNEXE
Devis d'une Fosse PAV individuelle

Désignation  Unités  Quantités  Prix Unité  Total 
Matériaux  ciment  50 kg  16  3.900  62.400 

sable  m³  2.835  11.340 

coquillage  50 kg  1.000  3.000 

fer  12 m'  1.200  6.000 

pvc  m'  1.600  4.800 

ronier, etc  2.500  5.000 

coffrage  8.000 

transport/divers  16.500 
Main d'oeuvre  fouille  m³  3,38  4.500  15.210 

agglo 15  110  30  3.300 

agglo 10  144  25  3.600 

maconnerie, etc  25.000 

hébergement  6.000 
Total 



170.150 
Arrêté le présent devis à la somme de Cent Soixante-dix Mille francs cfa
 
Participation des porteurs/bénéficiaires [20%]:  fouille 
15.000 

hébergement 
 6.000 

espèces 
12.000 

Subvention extérieure: Cent Trente Sept Mille [137.000] francs cfa
Frais d'Appui Conseil [6 %] : 10.200 francs cfa

Subvention globale par fosse PAV demandée :
Cent Quarante Sept Mille [147.200] francs cfa

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