L'aqua-sylviculture : levier pour une exploitation durable des zones humides
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Introduction
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pecheur de crabes

Introduction

"Silvofisheries", qu’on peut traduire en aqua-sylviculture, est une ancienne technique, utilisée dans la gestion durable des ressources côtières qui mérite d'être examiné de plus près. D'après William Fitzgerald, l'aqua-sylviculture est une forme d’entretien et d’exploitation des zones de palétuviers dans laquelle une aquaculture en eau saumâtre est intégrée. L’objectif est d’avoir une culture de rente, l’aquaculture, dans un environnement qu’on utilise sans le détériorer ou mieux que les aquaculteurs entretiennent en même temps que les activités en aquaculture. L'aqua-sylviculture demande un grand labeur, individuel ou collectif, qui est bien adapté aux conditions environnementales.

Une technique, appelée Empang Parit ou Tambak Tumasari, est pratiquée en Indonésie depuis une dizaine de siècles et est caractérisée par une grande proportion d’arbres de palétuviers dans la surface occupée par l’aquaculture. Ainsi, la surface occupée par les palétuviers dans les bassins ou étangs endigués peut atteindre de 60% jusqu’à 80% de la surface d’exploitation. Ces bassins d’aquaculture, situés au milieu des mangroves, sont entourés de digues avec des canaux de 3 à 5 mètres de large et 40-80 cm de profondeur et une plate-forme centrale où se trouvent les palétuviers qui peuvent atteindre une densité entre 0,17 arbres par m² et 2,5 arbres par m². L’ensemble est inondé par les marées hautes. L’eau se retire avec les marées basses, mais les canaux restent toujours remplis d’eau. Ainsi, l’aquaculture se pratique essentiellement dans les canaux, tandis que l’environnement mangrovien sur la plate-forme et aux alentours livre les conditions de vie d’un biotope naturel : ombrage, nourriture, et cetera. La densité de la végétation détermine la quantité de déchets organiques qui serviront d’aliment pour l’aquaculture.

L’aquaculture peut être intensifiée avec la construction de bassins uniquement utilisés pour l’aquaculture dans un environnement mangrovien laissé intact en respectant que chaque hectare de bassin est entouré de quatre hectares de mangrove. Une analyse comparative entre les différentes cultures comme les crabes de mangrove (Scylla spp.), les bars (Lates calcarifer), les Tilapia (Oreochromis niloticus) avec poules ou autres combinaisons a démontré que la culture des crabes est la plus profitable [Fitzgerald : 1997]. Il est donc fort possible que la culture de crabes dans des zones humides abandonnées avec la disparition de la végétation mangrovienne puisse devenir l’incitation primordiale pour la régénération des mangroves. Les populations ont besoin d’un environnement sain pour pouvoir exploiter cette culture de rente. Ils s’investissent alors dans des actions de reboisement et cherchent une meilleure gestion des courants d’eau en creusant des canaux pour faire passer les marées.

La culture des crabes de mangrove se limite pour le moment à un processus de grossissement des individus capturés dans la nature puisque la reproduction n’a pas encore quitté le stade de laboratoire. La cueillette reste donc l’activité primaire comme toujours. Puisque l’élevage ou grossissement en bassins doit pouvoir augmenter les quantités de juvéniles dans l’environnement [les larves échappent des bassins à travers la clôture], la cueillette peut reprendre les conditions comme autant et la filière peut redevenir une culture de rente intéressante pour les populations. Ainsi, pour un certain moment, le grossissement est un additif à cette filière en péril en attendant la maîtrise de la reproduction.

les appats


Les activités
Les bassins mesurent 9 x 18 mètres et à l’intérieur des canaux sont creusés pour faciliter l’écoulement des marées. La clôture est faite de matériaux locaux. Sur ces 162 m² on peut stocker entre 1000 et 1500 crabes de mangrove. Dans 4 à 7 mois les crabes atteignent un poids commercial de 300 grammes avec une valeur supérieure de 25 Francs cfa la pièce [prix actuel d’un crabe de 100 grammes]. Chaque cycle de grossissement demande environ 600 kg d’aliments ou 3,8 kg/jour. Les bassins sont constamment alimentés de nouveaux crabes de 50 à 100 grammes. Chaque cycle de grossissement produit environ 530 kg de crabes et représente alors une valeur supérieure à 132.500 Francs cfa. L’aliment est principalement composé de produits naturels de l’environnement mangrovien, complété avec des déchets de poissons venant des marchés ou usines.

Les investissements initiaux se chiffrent surtout en main d’œuvre pour le ramassage du matériel de clôture, la construction et l’entretien de la clôture, la réalisation et l’entretien des canaux et l’affouragement. Le projet proposé est un projet pilote avec une durée d’une année. Cette période est utilisée pour tester et analyser les différents aliments et pour sensibiliser les populations qui doivent périodiquement visiter le site. Grâce à l’enthousiasme des populations, cette forme de aqua-sylviculture doit faire tache d’huile dans les villages de la région. Puisque le projet utilise la durée du projet essentiellement pour analyser et tester des techniques, l’apport local ne peut être que minimal et donc tout investissement du projet doit être fourni par subvention.

  La cueillette les photos de la cueillet de crabes photo

cueillette de crabes